Tourisme : Errachidia-Erfoud-Merzouga résiste tant bien que mal à la crise

A fin août, les arrivées ont progressé de 30% par rapport à la même période de 2015, et les nuitées de 22%. Cette destination de passage a des atouts indéniables qui ont incité les TO à la programmer.

Connue pour ses dunes de sables, ses oasis à perte de vue, ses fossiles, ses météorites et la richesse de son patrimoine historique, la région Drâa-Tafilalet qui abrite la province d’Errachidia, Erfoud et Merzouga attire une multitude de touristes venus du monde entier. Selon Mjid Laabab, délégué touristique d’Errachidia, le nombre de nuitées dans les hôtels classés s’est établi à 52 548 à fin août 2016, en hausse de 22% par rapport à la même période en 2015. Dans le même temps, les arrivées ont progressé de 30%, à 37 970.

Ces performances découlent d’une hausse significative du marché japonais (+213% en nombre de nuitées), loin devant le français (+24%). Les nuitées espagnoles et allemandes ont aussi augmenté, respectivement de 30% et 29%. Par contre, celles des Anglais chutent de 61%. «Le tourisme est très sensible aux évènements internationaux. La destination a profité de la baisse de flux vers des pays tels que l’Egypte et la Tunisie. La programmation des tour-opérateurs a fait le reste», analyse Mjid Laabab. Ces chiffres auraient pu être plus significatifs si ceux des hébergements non classés étaient comptabilisés.

La durée moyenne de séjour ne dépasse pas deux nuits

Un bémol cependant, la région reste une destination de passage. La durée moyenne de séjour ne dépasse pas 2 nuits. «La plupart des touristes viennent en groupes à travers un circuit partant de Casablanca en passant par Fès vers Merzouga, Tinghir puis Marrakech. La majorité passe deux nuits pour profiter de la sérénité des lieux. On enregistre nos meilleurs taux d’occupation en avril et en octobre. Mais, depuis 2010, nous avons remarqué une baisse du nombre de touristes et, par conséquent, du taux d’occupation à cause des attentats de 2011 à Marrakech, puis de Paris en 2015, sans compter la récession», détaille Youssef Karaoui, directeur de Kasbah Hôtel Yasmina.

Dans la région, le taux d’occupation était de 11% entre janvier et août 2016 et de 12% pendant la même période en 2015. Par rapport à 2010, les nuitées ont fléchi de 27% sur les huit premiers mois. Ali Seggaoui, gérant de Maison Merzouga, n’a remarqué une réelle baisse du taux d’occupation de sa maison d’hôtes que depuis 2013. «Il est de 80% en moyenne entre avril et mai et en octobre, alors qu’on enregistrait 100% avant 2013. En septembre, on avoisine 50% et on tourne autour de 15 à 20% entre juin et août», détaille-t-il.

Malgré tout, les opérateurs espèrent un retour aux performances de 2010. L’intérêt grandissant des Marocains pour cette destination leur donne espoir. Les résidents totalisent 20 839 nuitées sur la période étudiée.