TGV Casa – Tanger : les premiers travaux commencent en juillet 2011
7 juin 2010
Mohamed Moujahid (1048 articles)
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TGV Casa – Tanger : les premiers travaux commencent en juillet 2011

Les études d’avant-projet sont achevées et celles d’exécution sont en cours. 60 ingénieurs marocains et français y travaillent à  plein temps.
Un tracé propre au départ de Tanger qui rejoindra le réseau actuel sur le tronçon Kénitra-Casablanca.
2h10 pour faire Tanger-Casa et 1h20 seulement pour Tanger-Rabat.

Financement bouclé pour le projet TGV auquel l’Arabie Saoudite vient d’apporter une généreuse contribution avec un don de 160 millions d’euros accordé, fin mai, au projet par le Roi Abdellah Ben Abdelaziz. Il faut dire que la première phase du projet TGV, devant lier Tanger à Casablanca, coûtera 20 milliards de DH (voir encadré), soit près de deux fois ce qu’a apporté au Maroc la vente de la deuxième licence GSM. En tous les cas, le projet avance au rythme prévu. Selon le ministre de l’équipement et du transport Karim Ghellab, les études d’avant-projet commanditées par l’Office national des chemins de fer (ONCF) sont achevées. On est actuellement au stade des études d’exécution, c’est-à-dire les études topographiques, géotechniques et de stabilisation technique des sols. Bref, des techniques déjà rodées dans la région et bien maîtrisées par les ingénieurs marocains puisqu’ils ont eu à résoudre ce genre de problème, lors de la construction de l’autoroute du Nord. Selon le ministre de l’équipement et du transport, les travaux de terrassement commenceront au début du deuxième semestre 2011, sachant que l’ouverture de cette ligne d’une longueur de 200 km est prévue en 2015.

Un taux de rentabilité de 8%

Actuellement, c’est une équipe de soixante ingénieurs, marocains et français, qui travaille à plein temps sur le projet, sachant que l’ONCF en sa qualité de maître d’ouvrage est assisté par la Société nationale des chemins de fer (SNCF) française, conformément au protocole d’assistance signé fin 2007 entre les deux parties. Ces contrats portent sur la conception, la construction, la mise en service, l’exploitation du matériel roulant ainsi que la conception de l’offre commerciale et l’entretien de la ligne ferroviaire à grande vitesse. Il est, à cet effet, fort probable que ce soit l’équipementier français Alstom qui hérite du marché étant donné qu’une bonne partie du financement provient de dons et prêts concessionnels français.
Précision de taille : au départ de Tanger, le futur TGV aura un tracé qui lui est propre jusqu’à Kénitra où il devra rejoindre le réseau ferroviaire actuel, lequel sera réaménagé pour permettre une vitesse supérieure. Un tracé qui s’explique par deux soucis, celui de l’optimisation du coût de réalisation et surtout l’impératif de se connecter avec les gares de Rabat et Casablanca, pour lesquelles il est aujourd’hui impossible de construire un nouveau réseau dédié au TGV. 
Ce projet, souligne  M. Ghellab, fait partie des grands chantiers initiés par le Royaume depuis plusieurs années et s’inscrit dans une vision à long terme. Sa réalisation est basée sur les études qui ont prouvé sa rentabilité économique qui se situerait, selon le ministre, entre 8% et 8,5% contre environ 4,5% dans les pays européens. Ceci sans parler des gains induits par le projet, en l’occurrence le gain de temps, la réduction des émissions de CO2 et la baisse des accidents de la circulation, dont tout le monde connaît le coût économique et social.
Les prévisions sur les flux de passagers que devrait générer le TGV sont très optimistes. Compte tenu de la configuration actuelle du réseau, l’ONCF, qui transporte actuellement 30 millions de passagers par an, atteindra 53 millions en 2030. Avec la réalisation du tracé Tanger-Casablanca, mais aussi son prolongement vers Agadir et vers Fès et Oujda, le nombre de voyageurs transportés atteindrait 150 millions à l’horizon 2035. L’objectif est d’avoir réalisé 1 500 km de ligne à grande vitesse, à cette échéance. «Donc, nous n’avons pas de souci pour la rentabilité», conclut le ministre, qui précise que les prix seront étudiés afin que ce mode de transport soit accessible à tous et pas seulement réservé à une élite. En tout cas, si tout se déroule comme prévu, en 2015, avec la mise en circulation du TGV, le trajet entre Casablanca et Tanger sera ramené à 2 h 10 mn au lieu de 4 h 45 mn, grâce à des rames qui circuleront à une vitesse moyenne de 320 km/h. Et le trajet Rabat-Tanger en 1h 20 seulement.