Salaheddine Mezouar sort de son mutisme
23 janvier 2019
Rida Ançari (65 articles)
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Salaheddine Mezouar sort de son mutisme

Après une longue absence des radars, Salaheddine Mezouar a fait son retour devant les médias pour s’expliquer sur toutes les polémiques qui ont secoué la CGEM. Détails.

Le patrons des patrons, Salaheddine Mezouar, a tenu une conférence de presse, ce mercredi 23 janvier 2019 à Casablanca, après des mois marqués par des turbulences internes. Objectif de la rencontre : “présenter notre lecture de ce que la CGEM a vécu ces 6 derniers mois, et de présenter les nombreux chantiers sur lesquels nous travaillons depuis notre élection”, a annoncé le président de l’organisation patronale.

Le climat tendu au sein de la CGEM, le grand clash avec Neila Tazi, les statuts, le départ d’Ahmed Rahou, le groupe parlementaire de la CGEM, les dossiers prioritaires, la loi de finances 2019… Tous ces sujets ont été abordés par le président de la CGEM.

Election, personnalité… 

« Mon élection à la présidence n’a pas encore été digérée. De mauvais perdants continuent d’agir pour montrer que la CGEM prend une mauvaise direction« , a-t-il lancé tout de go.

« Parler de la faillite d’un homme ou d’une organisation au bout de quelques mois d’exercice c’est vite aller en besogne« , a-t-il ajouté. « Mais je suis bon joueur. Si je dois changer mon comportement, je le ferai« .

En rappelant sa tournée préélectorale qui a durée un mois, pour “écouter tout le monde et comprendre la perception qu’ont les patrons du fonctionnement de la CGEM”, Mezouar a insisté sur le fait qu’il a un style et une méthode ainsi que sa propre perception du fonctionnement d’une organisation : “l’ouverture, inclusivité et le renouvellement”.

Le renouvellement des élites fait partie des fonctions de n’importe quel décideur ou manager d’une organisation”, a-t-il insisté. Et de poursuivre, “La CGEM n’est pas un club fermé. Elle doit être ouverte à tous ceux qu’elle est censée défendre. Mais aussi à cette génération montante. Ma vision de la responsabilité est de toujours penser à l’avenir et donc être le plus rassembleur possible”.

Il y a de la confusion. Elle est peut-être due,  en grande partie, à notre mode de communication. Je le reconnais”, a-t-il avoué.

Ce qui a fait réagir Mezouar 

Pour se défendre, Salaheddine Mezouar n’a pas hésité à tirer à boulets rouges sur ses prédécesseurs.  « Pour ce qui est du conseil d’administration de la CGEM, personne n’a jamais respecté les statuts sur la questions du quota des membres du CA. Et ce, parce qu’il y avait toujours des candidats uniques. En ce qui me concerne, ce qui s’est passé ne relève pas d’une quelconque ignorance des textes juridiques mais d’un esprit  volontariste”.

L’une des problématiques qui a créé des remous, non seulement au sein de l’organisation est celle de « l’éviction » de Neila Tazi de la vice-présidence du groupe parlementaire de la CGEM à la chambre des conseillers.

Pour Salaheddine Mezouar,contrairement à ce qui a été dit, je ne suis pas sexiste. loin s’en faut. Toutefois, toute représentation souhaitée doit passer par la case élective. Je ne crois pas aux règles de copinage”, dit-il en tapant sur la table. “Ce sont des règles qu’il faut respecter pour préserver l’institution contre les soubresauts de la politique”, estime-t-il.

Depuis qu’il a été élu à la tête de l’organisation patronale, il lui a été également reproché de voyager fréquemment à l’étranger. “Depuis que j’ai été élu, j’ai consacré 90% de mon temps à la CGEM. Quand je vais à l’étranger pour représenter la CGEM, je ne le fais pas pour le plaisir de voyager, mais par devoir. J’ai fait le tour du monde plusieurs fois, je n’ai pas besoin de la CGEM pour voyager”. Et de défendre, “nous avons conclu 50 actes en 4 mois, ce qui honore la CGEM”.

La loi des finances 2019

En ce qui concerne la loi des finances 2019, le président de la CGEM a tenu à expliquer qu’il a mené des discussions avec le ministre des finances et la direction générale des impôts ainsi que d’autres responsables, depuis le mois de juillet.

Des négociations qui, selon le président de la CGEM, ont abouti au remboursement des arriérés de la TVA par l’Etat aux entreprises.  “40 milliards DH ont été débloqués, ce n’est pas rien. Le barème de l’IS n’est pas en reste ».

Les assises de la fiscalité

Pour lui, les assises de la fiscalité est une étape déterminanteà laquelle la CGEM doit se préparer et apporter des propositions concrètes. “Nous irons aux assises de la fiscalité avec une doctrine basée sur trois principes : viabilité et stabilité; neutralité et respect des règles”, a-t-il précisé.

Pour ce qui est du dialogue social, il a annoncé que la CGEM “doit traiter directement avec les partenaires sociaux, en sortant de la logique tripartite et en produisant des mesures concrète en matière d’employabilité”.

Rida Ançari

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