Renouvellement du parc des camions : la prime à  la casse boudée

Pour les transporteurs, la subvention proposée par l’Etat est trop faible
La CCG n’accorde plus
sa garantie et les banques refusent de financer l’achat de nouveaux véhicules.

La prime à  la casse destinée aux transporteurs de marchandises et aux transporteurs mixtes dans le milieu rural pour les inciter à  renouveler leur parc ne fait pas recette. Et pour cause, cette aide financière proposée par le gouvernement, soit 85 000 DH pour les véhicules de plus de 14 tonnes dont l’âge se situe entre 15 et 20 ans et
60 000 DH au-delà  de 20 ans, est jugée insuffisante : la valeur vénale de ces véhicules, c’est-à -dire leur prix à  l’argus, est bien supérieure aux subventions proposées. En effet, un véhicule de plus de 14 tonnes âgé de 15 à  20 ans est vendu sur le marché autour de 200 000 DH.

Les 120 MDH de 2006 restés inutilisés
Il n’est donc pas étonnant que l’enveloppe de 120 MDH par an sur trois ans (2006-2008), soit au total 360 MDH, affectée à  cette opération, ne soit pas utilisée: les 120 MDH prévus dans le cadre de la Loi de finances 2006 n’ont pas trouvé preneur et l’enveloppe programmée pour l’année en cours risque de connaà®tre le même sort.

Un blocage d’autant plus inquiétant que le secteur du transport de marchandises dont la moitié du parc est âgée de plus de 15 ans, continue d’être sinistré, au point que la plupart des banques refusent de financer aujourd’hui l’acquisition de camions de marchandises pour cause de non solvabilité de leurs propriétaires. Même les sociétés de leasing qui, à  un moment donné, ont financé les transporteurs de voyageurs et de marchandises, se montrent aujourd’hui de plus en plus réticentes.

La situation se complique quand on sait que la CCG (Caisse centrale de garantie) elle-même refuse d’accorder les garanties nécessaires aux opérations de financement des sociétés de transport, ce qui a incité l’APSF (Association professionnelle des sociétés de financement) à  conseiller la prudence à  ses membres.

Du côté de la Fédération du transport routier, l’on estime que ce projet était voué à  l’échec, car élaboré en son temps «in vitro», c’est-à -dire sans concertation avec les professionnels. La fédération a fait au ministère du transport certaines propositions pour sortir de l’impasse dont la plus importante est de jumeler ce dispositif avec un autre qui consisterait à  inciter les transporteurs âgés à  quitter la profession en leur octroyant une prime de 150 000 DH et 50 000 DH par véhicule retiré de la circulation.