Rendez-vous de Casablanca : les assureurs réfléchissent à la maîtrise des nouveaux risques

La 6 e édition du rendez-vous de Casablanca de l’assurance se déroule les 3 et 4 avril.

L’assurance a-t-elle atteint les limites de l’assurable ? C’est à cette question aux enjeux décisifs pour le secteur que les professionnels de l’assurance réunis lors de la 6e édition du rendez-vous de Casablanca de l’assurance ont essayé d’ébaucher des réponses. Un parterre de haut vol, de patrons de grandes compagnies nationales et régionale, des dirigeants d’institutions publiques, d’imminents experts et des professionnels de l’assurance, l’évènement a exploré ce que vont être « les nouvelles frontières de l’assurance », thématique retenue pour l’édition 2019.

« Nous choisissons chaque année une thématique en phase avec les grands enjeux du moment auxquels font face les assureurs. Il est entendu que ces sujets d’actualité ne changent pas fondamentalement. C’est le cas des défis que pose l’accélération de l’innovation technologique sur lesquels nous reviendrons probablement pendant l’édition de 2020 », affirme Mohamed Hassan Bensalah, président de la Fédération marocaine des sociétés d’assurance et de réassurance (FMSAR). Les assureurs ont pour longtemps évolué dans une zone de confort grâce à une bonne maîtrise des risques. Aujourd’hui, ils ont de plus en plus affaire à des risques où la part de l’inconnu est très grande mais qu’il faut quand même chercher à maîtriser.

La séance inaugurale et les premières plénières ont donné le ton des débats de cette 6eme édition. James Kent, Global CEO du grand cabinet de conseil en réassurance Willis Re, a déroulé la liste des nouveaux risques dits émergents en l’occurrence les cyber-risques, les risques climatiques, les risques de pandémie induits par les flux migratoires dans le monde, etc. L’expert a ébauché des voies pour maîtriser ce qu’il appelle les « inconnues connues » et les « inconnues inconnues » pour les assureurs. En somme, « l’exercice n’est pas facile, mais jusque-là, l’industrie assurantielle a fait preuve d’anticipation et de résilience face à ces nouveaux défis », rassurent les professionnels. Les acteurs du marché peuvent modéliser un risque et le tarifer correctement dès lors qu’ils disposent de suffisamment de profondeur historique pour calculer une fréquence et un coût moyen.

Bernard Spitz, président de la Fédération française de l’Assurance et Recardo Arias, président du Global Federation Of insurance association (GFIA), ont exploré, de leur côté, les mécanismes d’anticipation pour les compagnies avant que l’industrie atteigne les limites de l’assurable. D’autres grandes thématiques ont été également discutées telles que l’amélioration de la gouvernance des risques systémiques, l’assurance santé pour les pays émergents, le Risk management à l’heure des risques émergents, ou encore la manière dont l’assurance contribue à la stabilité financière de la région MENA.