Ramadan ne fait toujours pas les affaires des hôteliers

Malgré des offres intéressantes, les Marocains n’ont pas changé leurs habitudes. L’activité des touristes étrangers devrait également tourner au ralenti pendant le mois sacré.

Les hôteliers ont beau faire des efforts et proposer des offres intéressantes pendant Ramadan, les Marocains ne se sont toujours pas fait à l’idée de se déplacer pendant le mois sacré. Sur ce point, Ramadan 1436 ne devrait guère se différencier des précédents. Certes, la communication à grande échelle sur les offres n’a pas encore démarré mais déjà les prévisions de remplissage des professionnels s’annoncent mitigées. «Nous faisons des offres dédiées pour Ramadan mais elles marchent très peu. Sur juin, nous ne dépasserons probablement pas les 50% de taux d’occupation à Agadir», confie Chafik Mahfoud Filali, président de l’Association régionale de l’industrie hôtelière d’Agadir et DG du Kenzi Europa. Dans son établissement, ce dernier propose pourtant les 2 nuits à moins de 1 500 DH en all-inclusive. L’activité devrait toutefois reprendre dès la mi-juillet avec des taux d’occupation qui devraient cette fois-ci atteindre au moins 65%. Toujours à Agadir, on n’est pas très optimiste non plus sur l’arrivée des touristes étrangers. Les tour-opérateurs auraient tendance à conseiller leurs clients de ne pas visiter un pays musulman pendant Ramadan, prétextant un contexte actuel tendu.

Les ftours professionnels ont la cote à Tanger

Dans la ville ocre, les prévisions sont à peine plus optimistes. «Avec le temps, les Marocains feront évoluer leurs habitudes comme ils l’ont déjà fait pour Aïd Al Adha qu’ils célèbrent de plus en plus en dehors de chez eux», remarque Lahcen Zelmat, président de la Fédération nationale de l’industrie hôtelière (FNIH). Ce dernier propose dans son établissement (Palm Plaza) exceptionnellement la gratuité jusqu’12 ans, l’accès à la piscine pour les adultes après le ftour ou encore l’animation de 9h à 20h pour les enfants, soulageant ainsi les parents, et des nuitées gratuites. Les arrivées des étrangers pourraient toutefois pâtir de la fermeture annuelle pendant le mois sacré de certains établissements d’animation (bars, discothèques, etc.).

Au Nord, on est plutôt positif. «Les touristes en provenance de Russie, de Pologne ou du Royaume-Uni profitent souvent d’un séjour sur la Costa del Sol pour visiter Tanger et sa région, que ce soit Ramadan ou pas. Les compagnies maritimes qui assurent la liaison ont fait un très bon travail de promotion en Espagne», explique Abdelghani Ragala, directeur du CRT de la ville. Cette dernière profite également d’une progression de 15 à 20% des arrivées de croisiéristes. «Nous devrions dépasser les 120 bateaux cette année», confirme M. Ragala. Les ftours professionnels sont également très appréciés dans la ville du détroit par les nombreuses entreprises installées sur place.