Première au Maroc, des cigarettes étrangères fabriquées localement

A partir du 1er juin, les Fortuna et Gauloises seront produites à l’usine de Aïn Harrouda

L’objectif de la Régie des tabacs est de satisfaire la totalité des besoins locaux à l’horizon 2007.

Depuis jeudi 1er juin, les cigarettes Gauloises et Fortuna, marques phare du groupe Altadis au Maroc, sont fabriquées localement. Le site de production n’est autre que l’usine de la Régie des tabacs à Aïn Harrouda, inaugurée en 1994. News, la troisième marque du groupe commercialisée au Maroc, sera, quant à elle, fabriquée sur le même site dans le courant de l’année 2007.

L’objectif de cette production locale est double. Il s’agit d’abord de satisfaire totalement les besoins locaux à l’horizon 2007. Ensuite, «la décision va dans le sens de la préservation de la main- d’œuvre de l’usine de Aïn Harrouda», explique-t-on auprès de la Régie des tabacs. Près de 320 emplois sont ainsi concernés.

Pour arriver à ce résultat, il faut rappeler qu’en 2004, l’usine a fait l’objet d’un programme de modernisation, portant sur un investissement global de 300 MDH, étalé sur cinq années. «Ce qui a permis de la doter des meilleurs équipements», précise-t-on. Spécialisée dans la production de cigarettes blondes et brunes avec filtre, cette usine est actuellement la plus moderne en la matière dans le monde arabe.

Depuis leur commercialisation au Maroc à la mi-2004, les deux marques en question étaient produites en Espagne. Pour leur introduction sur le marché marocain, ces produits étaient soumis à un régime douanier de 25 %. Les abattements annuels de 10 % prévus par l’accord d’association Maroc-Union européenne pour des produits similaires ne les concernent pas, l’origine européenne à 70 % pour le tabac n’étant pas effective. Depuis leur introduction, ces marques ont séduit les Marocains. En 2005, la consommation locale cumulée des trois marques du groupe Altadis, Gauloises, Fortuna et News (introduite courant 2005), a avoisiné les 800 millions d’unités (40 millions de paquets). Pour le second semestre de l’année en cours, les responsables de la régie tablent sur une production locale de l’ordre de 420 millions d’unités (22 millions de paquets). Un chiffre qui ne concernera que les deux premières marques de cigarettes puisque la News ne sera produite localement que dans le courant de l’année 2007.

Marquise, la marque phare, gagne du terrain avec 56 % de parts de marché à avril 2006
La production locale des deux marques de cigarettes d’Altadis ne se fera pas au détriment des marques traditionnelles de la Régie des tabacs. Chiffres à l’appui, les responsables de l’entreprise écartent ce risque. Le match Marquise contre Gauloises-Fortuna n’aura donc pas lieu. Au contraire, ces différents produits semblent séduire de plus en plus les fumeurs nationaux. A fin avril 2005, Marquise s’est ainsi taillé 56 % de part de marché, soit 4 % de plus que ses performances quatre mois plus tôt (52 % sur un total de 13,38 milliards d’unités produites ou importées par la régie à fin 2005). A fin 2003, la part de marché des Marquise n’était que de l’ordre de 36%. La commercialisation, depuis le 15 mai, d’un nouveau conditionnement (paquet de 10 unités), ne manquera pas d’accentuer cette tendance haussière. Et pour cause, «le prix de l’unité, avec ce nouveau packaging, est moins cher que la cigarette au détail», souligne-t-on auprès de la régie. Même tendance à la hausse du côté des marques Altadis. A fin avril 2006, Gauloises, Fortuna et News totalisaient 7,1 % de parts de marché contre 6 % à décembre 2005. Ces performances sont à mettre beaucoup plus à l’actif des deux premières, la News n’ayant été introduite que récemment sur le marché marocain.

En 2006, 22 millions de paquets des deux marques seront produits par la Régie des tabacs.

Zoom
Les brunes ne font plus recette

Les Marocains préfèrent de plus en plus les blondes aux brunes. Alors qu’en 1989, 9,9 milliards de cigarettes brunes ont été consommées au Maroc, 6,4 milliards ont été vendues en 2002, soit une baisse de 35 %. Les trois dernières années ont confirmé cette tendance à la baisse : – 9 % en 2003, – 19 % en 2004 et – 20,2 % en 2005. De manière générale, cette évolution est observée au niveau mondial.