Poulet : la flambée des prix persistera pendant 10 jours encore

Le prix au consommateur commence à  se stabiliser autour de 20 DH après un pic à  27 DH.
Les professionnels ont estimé les pertes liées à  la mortalité à  100 MDH.
Dans les fermes, le taux de mortalité a atteint 30 % entre le 29 juillet et le 7 août.

A quand le retour à la normale du prix de la volaille, après la flambée de l’été ? A la Fédération interprofessionnelle du Secteur avicole, on n’a pas de réponse tranchée à cette question. Si on est loin des 26 /27 DH le kilogramme que les viandes blanches affichaient au plus fort du mois d’août, il ne faut s’attendre à un retour progressif à la normale (12 DH le kilo sortie de la ferme) que vers la mi-septembre. Durant la première semaine du mois, le kilo à la sortie des fermes d’élevage tournait autour de 16 à 17 DH. En comptant 4 DH de commissions (moitié pour les grossistes et moitié pour les détaillants), le prix payé par le consommateur tourne autour de 20 DH.
A la FISA (Fédération interprofessionnelle de l’aviculture), on fait remarquer néanmoins que les prix de vente varient selon les différents secteurs de la ville. Ainsi, on constate des différences de 5 à 6 DH au kilo, selon qu’on s’approvisionne dans les quartiers populaires ou huppés. En effet, pour les responsables de l’association, il n’y a pas de mystère à cela : ce sont la nature de la demande, son volume et la qualité de l’abattage qui sont les éléments déterminants des marges des intermédiaires.

5 millions de volailles ont été décimées
Si les professionnels ont du mal à prévoir avec précision à partir de quelle date les prix des viandes blanches reviendront à la normale, c’est que les conséquences des dernières canicules ont été diverses. Il y a eu d’abord un fort taux de mortalité de l’ordre de 20 à 30 % pour l’élevage de poulet de chair et de dinde. En effet, le seuil de température maximal pour un poulet adulte en élevage est de 35 degrés. Or la température avait atteint, au plus fort de l’été, entre 40 et 48 degrés au Maroc, selon les régions. Ce qui veut dire qu’à l’intérieur des poulaillers, elle a souvent dépassé les 50 degrés. Cependant, les équipements de refroidissement les plus modernes ne peuvent assurer une baisse de température que de l’ordre de 10 degrés. De plus, les éleveurs bien équipés sont loin d’être majoritaires. C’est ce qui explique que ceux qui en sont encore aux méthodes rudimentaires dans leur activité ont perdu, parfois, la totalité de leur élevage.

La demande commence à baisser, les prix suivent
Il était clair qu’en de telles conditions, la production avicole ait subitement baissé avec des pertes évaluées par l’association à 5 millions de volailles (3,4 de poulets, 1 million de pondeuses…) et des conséquences désastreuses sur les élevages reproducteurs. Il faut donc, pour stabiliser les prix, non seulement que les cycles de production reviennent à la normale mais que deux autres conditions soient également remplies.
La première est relative à la baisse du coût de production. Habituellement, il est déterminé (abstraction faite des charges annexes) par la quantité d’aliment consommé par le poussin durant le temps de sa croissance. En 42 jours d’élevage, le poussin doit atteindre un poids de 2 kg. Et chaque kilogramme de poulet correspond à la consommation de 2 à 2,1 kilogramme d’aliment. Or, lors de la canicule – notamment entre le 29 juillet et le 7 août -, c’est qu’en plus de la mortalité, chaque kilogramme de croissance coûtait à l’éleveur 2,5 kg d’aliments. Il y a eu, donc, la conjonction de deux facteurs qui ont occasionné des prix (sortie ferme) de l’ordre de 23 DH/kg : la baisse de la production causée par la mortalité et la lenteur de la croissance des poussins qui consommaient plus que la normale pour atteindre le poids de la commercialisation.
Le second élément à prendre en compte pour un retour à la normale des prix est la résorption des pertes enregistrées chez les «accouveurs» qui livrent les poussins aux éleveurs et qui, eux aussi, ont accusé des chutes de pontes de 10 à 15 % par rapport à une période normale.
Actuellement, la tendance est à la normalisation. En effet, l’offre est en train de se reconstituer et avec la fin des vacances (retour des RME qui donnaient un coup de fouet à la consommation et fin de la saison des mariages), la demande suit une courbe descendante. D’autant que la rentrée scolaire pousse aussi les ménages à ralentir leur consommation