Participation de plus en plus faible au marché du travail

L’économie a détruit 73 000 emplois nets et, dans le même temps, le chômage a reculé de 0,5 point, à 9,6% de la population active.

L’évolution du marché du travail au cours du troisième trimestre 2016 a ceci de paradoxal qu’il s’est caractérisé, d’une part, par une destruction d’emplois importante, et, d’autre part, par une baisse du chômage à la fois en volume et en proportion de la population active.

Entre les troisièmes trimestres 2016 et 2015, en effet, l’économie marocaine a perdu 73 000 emplois nets, résultat de la création de 52000 postes dans le BTP et la destruction de 125 000 postes dans les secteurs de l’agriculture, forêt et pêche (-66 000), l’industrie y compris l’artisanat (-44000) et enfin les services (-15 000), selon les données de l’enquête sur le marché du travail publiées par le HCP. Pareille situation aurait dû conduire mécaniquement à une hausse du chômage. Eh bien, non ! Celui-ci a baissé de 0,5 point en s’établissant à 9,6% de la population active contre 10,1% un an auparavant. Mieux, le nombre de chômeurs, dans l’absolu, s’est replié de 5,3% (ou -64000 chômeurs). Ce faisant, l’effectif global des chômeurs retombe à 1 142000 personnes au lieu de 1 206 000 à la même période de 2015.

Scolarisation plus tardive, découragement…

En fait, ce paradoxe n’est qu’apparent : cette baisse du chômage, dans un contexte de destructions d’emplois plus importantes que les créations, cache, au fond, une situation qui est à peu près similaire dans l’ensemble des pays arabes, à savoir une faible participation, en particulier des femmes, au marché du travail. Il est significatif à cet égard que le taux d’activité global au Maroc a reculé de 1,2 point en s’établissant à 46,7% au lieu de 47,9% un an auparavant. En valeur absolue, l’effectif de la population active âgée de 15 ans et plus (qui regroupe les actifs occupés et les chômeurs, pour rappel) a baissé de 137 000 personnes entre les deux périodes, alors que, dans le même temps, la population en âge de travailler a, elle, augmenté de 1,5%.

Les chiffres du HCP permettent de constater que, en ce troisième trimestre 2016, la baisse du taux d’activité touche non seulement les femmes (24,3% au lieu de 25,5% un an plus tôt), mais aussi les hommes (70,7% contre 72% un an auparavant).  Cette baisse du taux d’activité (qui revient de 53,1% en 2000 à 47,4% en 2015) traduisant un comportement vis-à-vis du marché du travail, il reste à en déterminer les raisons essentielles. Il y en a certainement qui tiennent à la scolarisation de plus en plus tardive, mais sans doute aussi au retrait du marché par découragement ou tout simplement à la non-participation pour une raison ou une autre.