Or Cash affiche ses ambitions pour le marché marocain
31 mars 2016
Imane Trari (381 articles)
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Or Cash affiche ses ambitions pour le marché marocain

L’enseigne envisage d’installer un réseau de vingt franchises. Les prix de reprise des bijoux sont calculés sur la base des cours mondiaux de l’or. L’opérateur veut constituer un stock minimum en vue d’installer une fonderie en partenariat avec le géant américain NTR.

Les Marocains sont connus pour leur engouement pour le métal jaune, considéré autant comme un accessoire privilégié d’apparat que comme un investissement et valeur refuge. La preuve, l’or possédé par les particuliers est estimé par les professionnels à plus de 1 200 tonnes. Mais depuis quelques années, la tendance semble se renverser. Les Marocains ne gardent plus leurs bijoux en or indéfiniment, mais les utilisent quand ils ont besoin de liquidités. Sauf qu’au moment de les céder, ils se retrouvent fréquemment face à un énorme écart entre les prix de vente et d’achat. Repérant cette niche, Or Cash, société spécialisée dans le rachat des objets en or et autres métaux précieux, a décidé d’investir le marché. Son concept, qui a fait ses preuves en Europe, principalement en France, est simple. Il s’agit de racheter, en toute transparence, à des particuliers leurs bijoux en or, diamants et pierres précieuses. Or cassé ou neuf, or dentaire…, tous les bijoux sont les bienvenus dans ses magasins qui proposent aux clients un paiement comptant aux meilleurs prix. Le principe est de leur permettre de débloquer rapidement de l’argent, quel que soit le montant de la transaction, en toute légalité et en prenant les mesures de sécurité qui s’imposent. En effet, le reçu est exigé à chaque opération d’achat. En l’absence de ce document, le client doit remplir une déclaration sur l’honneur, remettre une copie d’une pièce d’identité et se faire relever les empreintes digitales. Cette traçabilité permet d’éviter les opérations douteuses. Les prix pratiqués par Or Cash «sont calculés sur les cours quotidiens de l’or de 24 carats, avec un prorata de 75% pour le 18 carats, le plus courant au Maroc», explique David Bendelac, actionnaire et gérant d’Or Cash.

L’enseigne a revu son plan de développement en raison de la baisse du cours de l’or

Grâce à un partenariat avec le réseau Carrefour, l’enseigne a ouvert quatre magasins : à Casablanca, Marrakech, Salé et Rabat. Il ambitionnait dans un premier temps d’en ouvrir une vingtaine dans les années qui suivent. Mais en raison de la baisse du cours de l’or, «les particuliers ne veulent plus vendre leurs bijoux puisqu’ils ne pourront pas réaliser une bonne plus-value», regrette le gérant. L’enseigne a donc dû revoir son plan de développement. Désormais, «Or Cash donnera son label à des franchisés et prendra en charge l’aménagement du magasin, la formation des équipes, mais également le volet communication», explique-t-il. L’objectif est d’avoir un réseau d’une vingtaine de magasins présents dans les plus grandes et moyennes villes du pays. Et pour davantage de proximité, des camions mobiles sillonneront le Maroc à la recherche des métaux précieux. Les bijoux collectés par l’enseigne subiront deux traitements différents. «Les joyaux de valeur sertis de pierres précieuses seront retapés et revendus dans nos magasins», explique Kamal Lahlou, coassocié. Les bijoux cassés et ceux d’anciens modèles seront fondus et réinjectés dans le circuit de l’Or (les usines et les ateliers). Dans ce sens, l’enseigne a conclu un partenariat avec le géant américain NTR, qui raffine 30 millions de livres de métal annuellement, pour créer une fonderie au Maroc. «Il nous permettra de raffiner l’or sur le marché marocain et le remettre sur le marché», explique le patron. Et d’ajouter : «Ce projet ne pourrait se concrétiser que si le cours de l’or se relève car c’est le seul facteur qui encouragera les particuliers à vendre et nous permettra d’avoir le stock minimum nécessaire au lancement du projet».

Les Marocains de la classe moyenne s’intéressent de plus en plus aux montres et bijoux de grandes marques telles que Cartier, Chopard, Bvlgari, Rolex… Cet engouement a donné lieu à la naissance d’un marché de deuxième main. Or Cash est l’une des enseignes qui ont investi cette niche. En plus de son activité principale, l’enseigne a ouvert un dépôt de vente pour ses clients. Or Cash joue le rôle d’intermédiaire entre les vendeurs et les acheteurs moyennant une commission de 10% sur le prix de vente. Au regard du patron, ce filon est très porteur puisque les clients peuvent se procurer, en guise d’exemple, une bague Cartier en très bon état qui coûte 33 000 DH en magasin à moitié prix, où même une montre Rolex à prix réduit.

Imane Trari

Imane Trari