Nouvelles technologies: comment le 4.0 est perçu par les entreprises marocaines

Pour les entreprises marocaines, la perception du 4.0 n’est pas la même, et les enjeux sont disparates. 52,4% des sociétés sondées déclarent ne pas avoir les compétences ou les expertises nécessaires pour emprunter ce virage technologique.

L’Observatoire Marocain des Pratiques de Management (ONPM) a présenté, le 8 janvier au siège de la CGEM à Casablanca, les résultats préliminaires d’une étude sur la perception du phénomène 4.0 par l’entreprise marocaine.

L’objectif de cette étude, commanditée auprès du cabinet Officium, est d’apprécier le regard porté par les entreprises marocaines sur le 4.0, de discerner les enjeux qui y sont associés et de voir dans quelles mesures ses préceptes sont assimilés.

Sur un échantillon de 126 dirigeants et responsables (dont ceux des TPME représentent 17%), quelques 82,4% (77% de TPME) déclarent avoir pris connaissance du phénomène 4.0. Cependant, ils l’expliquent de différentes manières. Selon 73,3% d’entre eux, il signifie que l’entreprise l’ayant adopté est devenue intelligente et communicante, alors que 13,4% y voient une entreprise automatisée. Le reste considère qu’en l’adoptant, la société devient informatisée (9,8%), robotisée (2,7%) ou encore sujette à un phénomène de mode (1,5%).

Il en ressort une compréhension divergente du phénomène, mais une majorité l’assimile à ce qu’il est : Un ensemble d’outils technologiques permettant de moderniser les systèmes de production de bien et de services (33,3% des réponses). En effet, le 4.0 rime avec l’introduction de nouvelles technologies dans les processus de production (Internet des objets, intelligence artificielle, Cloud, Big Data, etc.). S’en suivent 34,1% des sondés qui en formulent une perception plus vague mais proche de la réalité. Il est pour eux une nouvelle vision de l’entreprise qui doit se transformer radicalement et s’adapter à l’évolution de son environnement. Toutefois, il y en a qui y voient seulement une opportunité pour générer du profit (19,8%).

Petit à petit, il ressort qu’une bonne partie des entreprises marocaines ne saisit pas l’ampleur de cette évolution dans sa totalité. A la question « pour vous, quelles technologies caractérisent le plus l’entreprise 4.0 », plusieurs ont cité la géolocalisation (25%) ou encore la dématérialisation des documents (46,8%) ! Alors que la Block Chain n’est connue que par 38,9% des interviewés…

Le même constat est à dresser au niveau des enjeux. Le développement de la capacité à innover (19,8%) est derrière le souci de conservation de la compétitivité (22,2%), bien que la majorité (42,1%) considère qu’il s’agit simplement de l’adaptation de l’outil de production aux défis technologiques de demain.

Concernant les principaux défis qu’il faudra relever pour adhérer au 4.0, les entreprises citent la qualification des ressources humaines d’abord (67,5%), le développement de nouvelles compétences (56,3%) et la réingénierie des méthodes de travail et des procédés (50,5%).

En conclusion, si 39,8% des sondés admettent que la transformation 4.0 est un projet d’entreprise en cours (30,8% de TPME), 52,4% déclarent ne pas avoir les compétences ou les expertises nécessaires pour l’adopter.