Maroc-Asie : un déficit commercial de 60 milliards de DH dont plus de la moitié avec les pays arabes

Les importations atteignent 90 milliards de DH, alors que les exportations franchissent à  peine la barre de 30 milliards. Plus de 20% des échanges sont réalisés avec la Chine d’où le Maroc importe 16 fois plus que ce qu’il y exporte.

La valeur globale des échanges avec les pays d’Asie progresse à un rythme soutenu sur les cinq dernières années, faisant de ce continent le deuxième partenaire du Royaume après l’Europe. Selon les statistiques de l’Office des changes, les échanges ont totalisé environ 120 milliards de DH au titre de 2012 contre pas plus de 82 milliards en 2009, soit une augmentation des flux d’environ 48% en trois ans. Ne dérogeant pas à la tendance observée avec les autres partenaires, les importations qui se montent à 90 milliards de DH évoluent à un rythme plus accéléré que les exportations qui franchissent à peine la barre des 30 milliards. Ceci débouche sur un solde déficitaire de plus de 60 milliards de DH, soit la moitié du déficit soldant les échanges avec l’Europe. Sur ce volume, le tiers est réalisé avec les pays arabes du Moyen-Orient, avec lesquels le Maroc enregistre le gros déficit (38 milliards de DH). Ensuite vient la Chine qui représente plus de 20% des échanges avec l’Asie, alors que le reste est réalisé avec l’Indonésie, la Malaisie, Singapour, le Vietnam, la Corée du Sud et le Pakistan.

Par nature de produits échangés, le Maroc importe des machines automatiques de traitement de l’information, des voitures, des appareils récepteurs de radio et télévision, des supports magnétiques, des accessoires de tuyauterie et construction métallique et du thé, alors que ses expéditions consistent pour 70% en phosphates, acide phosphorique et engrais naturels et chimiques et accessoirement de la ferraille, des transistors et des produits résiduels de pétrole.
«Au vu de cette physionomie des échanges, la démarche menée sur ce marché vise le renforcement de la position concurrentielle de certains de nos produits cibles, d’une part, et l’attrait des investisseurs asiatiques pour tirer profit des performances économiques réalisées par les économies de ces pays, d’autre part», souligne-t-on du côté du département du commerce extérieur. Il faut dire que les pays d’Asie et d’Océanie revêtent une grande importance sur le plan commercial puisqu’ils représentent un marché vaste de plus 4,7 milliards de consommateurs. Toutefois, l’offre exportable marocaine, constituée essentiellement de matières premières, pèche par sa faible teneur en technologie et son manque de diversité. L’unique excédent commercial engrangé par le Royaume l’est avec l’Inde dont les exportations ne dépassent pas 4,5 milliards de DH alors qu’elle importe des phosphates et des engrais pour 12 milliards de DH. Tandis que les importations marocaines de la Chine représentent 16 fois plus ce que le Maroc exporte vers la puissance mondiale.

Le montant des IDE asiatiques au Maroc est dérisoire

Pour équilibrer ses relations avec les partenaires asiatiques et commercer dans des conditions optimales, le Maroc a développé, ces cinq dernières années, ses relations commerciales avec un grand nombre de pays asiatiques. «Ces relations ont été concrétisées par la conclusion de plusieurs accords de type classique (NPF), alors que d’autres accords sont en projet et devront être finalisés ultérieurement», affirment les responsables du département du commerce extérieur. Pour les projets en cours, on relève essentiellement l’accord préférentiel avec la Malaisie, l’accord de partenariat économique avec Singapour, l’accord sur la promotion et la protection des investissements et celui de coopération dans le domaine du tourisme avec le Vietnam ainsi que l’accord sur le transport aérien avec le Japon.

De l’avis des responsables du commerce extérieur, si les échanges commerciaux avec l’Asie ne profitent pas au Maroc, ce continent recèle de grandes opportunités en matière d’investissements directs étrangers. «Les performances économiques réalisées par les économies de ces pays font de l’Asie un grand investisseur dans le monde, d’autant plus que les IDE asiatiques au Maroc sont dérisoires lorsqu’on les rapproche des échanges commerciaux», ajoute une source à l’Agence marocaine de développement des investissements (AMDI). En effet, d’après les derniers chiffres disponibles, les IDE asiatiques ne dépassent pas 400 MDH, et sont constitués surtout de capitaux indiens et japonais. Plusieurs compagnies asiatiques opèrent au Maroc, notamment dans le cadre de certaines opérations de partenariat, dans le secteur des phosphates qui vient en tête, suivi par le textile, les NTIC, et l’automobile, mais force est de constater qu’il faut encore plus d’efforts pour persuader les Asiatiques à venir investir davantage dans le Royaume. C’est aussi un moyen de rééquilibrer la balance commerciale ou, au moins, de réduire le déficit à l’égard de ce continent.