Les laboratoires pharmaceutiques marocains lorgnent le marché du Moyen-Orient

Quinze laboratoires, dont deux filiales de multinationales, exportent vers 33 pays, essentiellement africains. Le chiffre d’affaires à  l’export s’élève à  909 MDH. Les industriels soulèvent la nécessité d’une plateforme d’exportation pour mutualiser les coûts.

Cent cinquante spécialités sont exportées annuellement vers 33 pays d’Afrique de l’Ouest et d’Europe pour un chiffre d’affaires de 909 MDH, soit 8% du total réalisé par le secteur pharmaceutique marocain. Les exportations ont augmenté de 21% en 2013 selon l’Association marocaine de l’industrie pharmaceutique (AMIP) qui n’a pas encore finalisé les statistiques pour l’exercice 2014.

Ces indicateurs sont certes positifs mais les professionnels de cette industrie estiment qu’il existe d’autres potentialités à exploiter. Ceci devrait être, en principe, aisé pour une filière aussi innovante et structurée qu’est l’industrie pharmaceutique. C’est ce que pense l’AMIP dont huit membres, encadrés par Maroc Export qui consacre 8 de ses actions annuelles au secteur du médicament, s’apprêtent à se rendre à Dubaï pour le Arab Health, Salon international et conférence sur l’hôpital et les équipements et services médicaux, qui se déroule du 26 au 29 janvier. Un rendez-vous important que ces participants mettront à profit pour s’ouvrir aux pays du Moyen-Orient. Il est à noter que plusieurs laboratoires nationaux disposent de la certification SBA Gulf leur permettant d’accéder aux marchés de la région.

Toujours dans le souci d’élargir les débouchés à l’étranger, les laboratoires iront à la rencontre des professionnels de l’Asie, de l’Amérique du Sud, de l’Afrique lusophone et anglophone et de certains pays de l’ex-URSS. L’heure est donc à la mise en place d’une stratégie agressive visant une montée en puissance des exportations.
Pour le secteur, l’avenir de l’industrie pharmaceutique est lié à l’export en raison de l’étroitesse du marché local qui absorbe 400 millions de boîtes (300 millions dans le secteur privé et 100 millions dans le secteur hospitalier) et réalise un chiffre d’affaires de 9 milliards de DH. Selon l’AMIP, la capacité de production est exploitée à 40% seulement. Ni la mise en place de l’Assurance maladie obligatoire (AMO) en 2006, ni la généralisation du Régime de l’assistance médicale (Ramed) un peu plus tard en 2012 n’ont abouti, selon les professionnels, à une augmentation de la demande en médicaments. Tout cela place le Maroc bien derrière certains de ses concurrents comme la Turquie par exemple où 1,4 milliard de boîtes sont écoulées annuellement sur le marché local.

Les filiales des multinationales peu actives sur les exportations

Si les exportations doivent compenser les performances sur le marché local, elles devraient également, selon les industriels, corriger un paradoxe : l’industrie nationale du médicament est performante mais elle est en retrait sur les marchés étrangers, en particulier l’Europe, l’Amérique et l’Asie en raison de problèmes logistiques. En l’absence de desserte aérienne directe, les exportations transitent par l’Europe via des sociétés pharmaceutiques. Ce qui induit un coût élevé des exportations et donc réduit la compétitivité du médicament marocain à l’étranger. Pour remédier à cette faiblesse, l’AMIP souligne la nécessité de mettre en place une plateforme d’exportation qui permettra une mutualisation des coûts. Ce chantier figure parmi les mesures prioritaires que l’association a élaborées et doit soumettre sous peu au ministère de la santé.

La nécessité de cette plateforme d’exportation fédère l’ensemble des opérateurs, aussi bien les membres de l’AMIP, de l’Association marocaine du médicament générique (AMMG) que de Maroc Innovation & Santé (MIS). Actuellement, d’après les statistiques du secteur, treize laboratoires nationaux (Laprophan, Pharma 5, Cooper Pharma, Promopharm, Novapharm, Zenith, Stéripharma, Bottu, Galénica) dont quatre fabricants de génériques (Polymédic, Genpharma, Afric-Phar et Iberma) exportent vers l’Afrique et certains marchés européens, notamment la France, la Belgique et l’Espagne. Les exportations vers l’UE se font dans le cadre d’accords de fabrication ou de délocalisation passés avec des opérateurs étrangers. Les multinationales sont très peu actives sur les exportations. Seuls deux opérateurs, Sanofi Maroc et Maphar, expédient principalement des antituberculeux et des antiparasitaires.