Le secteur des assurances s’est bien porté au premier semestre

L’activité est en progression chez quasiment toutes les compagnies grâce à la fois aux segments Vie et Non-Vie. La sinistralité est maîtrisée et les résultats financiers boostés par le marché Actions. La solvabilité des compagnies se maintient à un niveau confortable.

Premier semestre plutôt porteur pour les compagnies d’assurance. En attendant les chiffres consolidés par l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale, les professionnels annoncent un bon cru sur l’essentiel des rubriques, à la fois la dynamique commerciale, la rentabilité et la solvabilité. En effet, les assureurs sondés rapportent que les primes émises sont en hausse par rapport à leur niveau de juin 2015. Les segments Vie et Non-Vie participent tous les deux à l’embellie. Dans les conditions actuelles du marché, les produits de la Vie se sont mieux comportés que les couvertures du segment Non-Vie. Selon les estimations des professionnels, toutes compagnies confondues, le chiffre d’affaires Non-Vie aurait enregistré jusqu’à 10% de hausse, quand celui de la Vie a fait largement mieux avec des hausses allant jusqu’à 20%. Les comptes des compagnies qui ont publié leurs résultats confirment ces tendances. Par exemple, le chiffre d’affaires de Saham Assurance ressort à 2,26 milliards de DH à fin juin 2016, en progression de 6,8%. Cette croissance provient d’une hausse de 6,5% du CA Non-vie, couplée à une hausse de 10% du CA Vie. Chez Wafa assurance, le chiffre d’affaires s’est inscrit en croissance de 9,9%, à 3,8 milliards de DH, porté à 53% par la Non-Vie et 47% par la Vie. Un responsable chez une autre grande compagnie rapporte que ses primes émises au titre du segment Vie se sont bonifiés de 15% et la Non-Vie de 7%, selon des données provisoires.

Agressivité commerciale sur plusieurs branches

Force est de constater que plusieurs assureurs sondés ont fait part d’une décélération du rythme d’extension des réseaux de distribution du secteur en 2016 (agents et courtiers). Pour eux, la performance de la branche Vie s’explique essentiellement par le bon comportement de l’épargne (à hauteur de 80%) dans des conditions de liquidités favorables sur les six premiers mois de l’année, une prise de conscience remarquée des assurés quant à l’importance de l’assurance Vie, et l’agressivité soutenue du canal de la bancassurance. Tandis que la croissance du chiffre d’affaires Non-Vie est issue en gros de la branche Auto, mais de plus en plus des couvertures des accidents corporels (maladie et invalidité/incapacité).

Sur ce registre, plusieurs compagnies de la place ont été très actives dans la mise sur le marché de nouveaux produits pour peaufiner leur offre santé. Quasiment toutes les compagnies ont lancé au moins deux produits concernant des couvertures santé. Les nouvelles polices d’assurances sont plus pratiques, destinées au grand public et aux clauses plus lisibles. De plus, l’accent est mis sur des démarches innovantes de gestion ultra-rapide des sinistres. S’ajoute à cela l’extension du périmètre de couverture pour les dépenses d’hospitalisation occasionnées suite à une maladie ou un accident à l’étranger. Par ailleurs, le segment automobile connaît toujours une rude concurrence entre les compagnies. Ce qui tire les primes vers le bas. Toutefois, les assureurs estiment qu’il reste porteur de chiffre notamment avec l’adoption récente de la loi 59-13 qui a revu à la hausse le montant minimum des garanties RC Automobile. La même concurrence prévaut sur le segment des entreprises. «Sur ce marché, le gros de la production est tranché au dernier trimestre de l’année 2015, avec les renouvellements de contrats et les résiliations. Ce qui reste en cours de l’année sont les risques techniques de nouveaux projets d’infrastructure, de nouvelles unités industrielles, des risques maritimes…», explique une source chez Wafa Assurance.

De l’avis d’un directeur des sinistres, le segment entreprise n’aura pas trop impacté les performances du secteur au premier semestre, du moins en ce qui concerne les primes émises. L’impact de ce segment se ressent plutôt au niveau de la sinistralité. A fin juin, alors que les professionnels sondés rapportent une sinistralité plutôt en stagnation, ce sont les sinistres de pointe (+2 MDH), souvent des incendies, qui pourraient avoir pesé sur la performance opérationnelle de quelques compagnies.

Dans le même sens, le taux de frais de gestion de tout le marché serait en hausse, principalement sous l’effet du retard de règlement par les intermédiaires de la production Automobile dans l’attente de la fixation des modalités pratiques d’application de la nouvelle circulaire relative au recouvrement. Pour sa part, le taux de commissionnement serait stable pour la plupart des compagnies.

Bonne progression des bénéfices des assureurs cotés

Pour sa part, le résultat financier est en gros sur une bonne orientation, surtout pour les placements Non-Vie. Notamment avec la hausse du marché actions de 6,50% sur le semestre (contre une baisse de 0,43% en 2015) dans un volume d’échanges en hausse de 13%. Ce qui est moins le cas pour les placements Vie en raison de la baisse sensible des rendements obligataires à long terme (70 à 85 pbs) au cours du premier semestre, ramenant les taux à leur plus bas niveau historique. «Dans ces conditions, le résultat technique du secteur avait de quoi se maintenir, voire progresser au premier semestre, bien que chaque compagnie a ses propres paramètres de gestion», nuance une source du secteur. En tout et pour tout, les professionnels estiment que le premier semestre aura été rentable pour la majorité des acteurs du marché, étant donné le dynamisme commercial, le maintien des performances opérationnelles et le bon comportement des résultats financiers. Pour eux, les compagnies qui ont déjà publié leurs comptes donnent le ton. Saham affiche un résultat net en amélioration de 11,8%, à 238 MDH. Wafa Assurance, pour sa part, voit son résultat net progresser de 7,1%, à 513 MDH. «Bien que quelques compagnies ne communiquent pas aussi en détail sur leurs marges de solvabilité comme nous le faisons, il n’y a pas eu au premier semestre de raisons exceptionnelles  pour que la solvabilité du secteur se dégrade», résume la source de Wafa Assurance.