Le modèle financier d’ADM a atteint ses limites et a besoin d’être conforté
23 décembre 2015
Lavieeco (25778 articles)
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Le modèle financier d’ADM a atteint ses limites et a besoin d’être conforté

Si restructuration il y a, elle devra proposer des solutions pour améliorer la capacité d’endettement de la société (40 MMDH actuellement), d’activer le remboursement du crédit de TVA qui dépasse les 4 MMDH et d’améliorer de manière globale le bilan de la société.

Globalement, quel bilan peut-on faire du contrat programme Etat-ADM qui arrive à échéance cette fin d’année ?

Tout d’abord, je rappelle que le contrat programme de la période 2008-2015 signé par ADM et l’Etat porte sur la construction de 385,5 km d’autoroutes nouvelles (Berrechid-Khouribga, Safi-El Jadida, contournement de Rabat et Tit Mellil-Berrechid) en plus du triplement de l’autoroute Casablanca-Rabat et l’achèvement d’un certain nombre de sections autoroutières dont les travaux étaient en cours de réalisation lors de la signature du contrat.

Nous considérons en toute modestie qu’ADM a bien rempli sa mission, que ce soit sur le fond, à savoir l’exécution du programme convenu, que sur la forme, à savoir le respect des indicateurs de performance qui ont été définis par l’Etat.

Ainsi, par exemple, et hormis l’autoroute Berrechid-Tit Mellil qui n’est pas encore entamée pour des considérations indépendantes d’ADM et dont une première section de 9 Km pourrait démarrer vers la fin de l’année 2016, toutes les sections d’autoroutes convenues sont déjà achevées ou le seront en 2016.

Par rapport aux indicateurs de performance, ADM a pu maintenir le niveau convenu en termes d’endettement, ce qui dénote d’une bonne planification des travaux et d’une maîtrise du processus d’achat. Cette performance est atteinte malgré l’inflation des prix des matériaux de construction et le renchérissement fulgurant du prix du pétrole, principal ingrédient du bitume utilisé dans la chaussée. A coté de ces indicateurs, nous notons très positivement les niveaux atteints en 2015 du chiffre d’affaires, de l’excédent brut d’exploitation à titre d’exemple.

Ce bilan positif, à nos yeux, ne doit pas cacher une réalité qui met ADM face à des charges très importantes en termes de remboursement des capitaux empruntés conjugués à des charges d’entretien et de maintenance qui sont assez élevés. Ces deux postes dépassent les trois milliards de DH de décaissement annuel depuis 2014.

Où en sont les différents travaux en cours, notamment ceux de l’autoroute El Jadida-Safi ?

Les deux sections en cours de réalisation, à savoir celle du contournement de Rabat et de Safi-El Jadida sont très bien avancées. Leurs mises en service sont prévues en 2016.

Peut-on savoir quels sont les principaux chantiers programmés par ADM pour 2016 ?

Comme déjà indiqué, ADM achèvera en 2016 les deux sections d’autoroutes de contournement de Rabat et de Safi-El Jadida. Les travaux de triplement de l’autoroute de Casablanca-Berrechid démarreront pendant le deuxième semestre de l’année en question et il est fort probable que les travaux de construction d’une section de 9 Km faisant partie de l’autoroute Berrechid-Tit Mellil démarreront vers la fin de l’année prochaine (la présélection des entreprises est déjà lancée).

 Quelle analyse faites-vous de la situation financière d’ADM ?

ADM est en ce moment en équilibre financier malgré les résultats déficitaires qui sont principalement générés par l’importance des charges du service de la dette. Cette situation était prévisible lors du montage du business plan d’ADM, elle est en phase avec les orientations du contrat programme signé avec l’Etat. Cependant, la situation financière d’ADM reste tout de même fragile face à un risque de change peu maîtrisé.

Dans le rapport sur les entreprises publiques accompagnant le projet de Loi de finances, on parle d’une restructuration financière d’ADM. Que faut-il concrètement attendre de ce projet ?

Bien qu’en équilibre financier actuellement, nous pouvons dire que le modèle financier d’ADM a atteint sa limite et a besoin d’être conforté. Ainsi, si restructuration il y a, elle devra proposer des solutions pour améliorer la capacité d’endettement de la société (40 MMDH actuellement), d’activer le remboursement du crédit de TVA qui dépasse les 4 MMDH et d’améliorer de manière globale le bilan de la société. Ceci va permettre à ADM d’accompagner l’Etat dans le déploiement de nouvelles extensions du réseau autoroutier. A rappeler que le financement de la construction des autoroutes se fait  à travers la participation de l’Etat à hauteur de 25%, sous forme d’apports en capitaux propres et le reste par le recours au financement externe à travers les bailleurs de fonds.

Dans le cadre de la préparation du nouveau contrat programme avec l’Etat, y a-t-il des priorités qui ont déjà été définies ?

 Actuellement, un nouveau programme autoroutier national est en cours de finalisation par le ministère de l’équipement du transport et de la logistique auquel ADM participe. ADM apporte son assistance technique et son savoir dans ce domaine. L’annonce des différents axes qui seront retenus dépend principalement du METL.