Le ministre des finances réfute l’idée d’un modèle économique basé sur l’austérité

La persistance d’un certain nombre de rentes et le manque d’équité dans la conduite des affaires économiques continuent d’inquiéter une partie du monde des affaires.

«Gouvernement-CGEM : l’entreprise pénalisée au profit de l’austérité ?». Tel était le thème de la conférence-débat, organisée le 26 octobre à Rabat, à l’initiative du magazine Economie & Entreprises, en partenariat avec Kompass Maroc, à l’occasion de la parution de sa 14e édition annuelle consacrée au classement et à l’analyse du poids des 500 plus grandes entreprises marocaines. Les participants ont convenu de la nécessité de penser à un nouveau modèle de croissance, afin de relancer l’investissement et «libérer l’économie des vieilles pratiques qui constituent un obstacle à l’accumulation du capital productif». Parmi les pratiques dénoncées, il y a la persistance d’un certain nombre de rentes, le manque d’équité dans la conduite des affaires économiques, ainsi que l’inégalité de traitement qui se traduit par «l’excès d’avantages accordés à certains, au détriment de l’intérêt général».

Revenant au thème de la conférence, Mohamed Boussaid, ministre de l’économie et des finances, estime qu’«on ne peut parler d’austérité que dès lors que l’on procède à des coupes budgétaires, ce qui n’est pas le cas. Au contraire, l’investissement budgétaire va augmenter, les programmes sociaux vont se poursuivre et il n’y a pas eu de hausse d’impôt». Et d’expliquer que le modèle de croissance du Maroc est basé sur l’encouragement de la consommation et le renforcement de l’investissement public et qu’il convient, à l’avenir, d’encourager l’offre, dans la mesure où celle-ci favorise la production.

Pour ce qui est des discussions relatives à un certain nombre de mesures contenues dans le projet de Loi de finances 2016, Abdelkader Boukhriss, président de la Commission fiscalité à la CGEM, a fait part de sa déception quant à l’institution de l’IS proportionnel, au lieu de l’IS progressif demandé par la CGEM ; ainsi que la suppression de l’exonération de la cotisation minimale pour les entreprises enregistrant un exercice déficitaire. De même qu’il a regretté l’extension du délai de prescription de quatre à dix ans pour les contribuables qui ne font pas leurs déclarations et le renforcement des sanctions pénales à l’encontre des fraudeurs. Dans les deux cas, ce responsable à la CGEM met en garde contre les «risques de dérapage» de l’Administration fiscale.

Cette conférence, qui n’était pas exempte de débats houleux, s’est clôturée par la révélation des noms des trois premières entreprises du «Classement 2015 des 500». A noter que celles-ci ont été classées en fonction du chiffre d’affaires réalisé au cours de l’année 2014. C’est ainsi que le Trophée de la meilleure entreprise du Maroc est revenu à l’OCP qui a réalisé un chiffre d’affaires de 48,9 milliards de DH ; la seconde place est revenue à la Samir avec un chiffre d’affaires de 44 milliards de DH ; et la troisième place à l’ONEE avec un chiffre d’affaires de 29,5 milliards de DH.

Hicham Benjamaa. La vie éco