Le déficit budgétaire devrait retomber à  quelque 6% du PIB en 2013

La croissance devrait s’établir à  4.8% à  la fin de l’exercice. Le déficit budgétaire devrait baisser en lien avec le système d’indexation mis en place au mois de septembre dernier. Les indicateurs des échanges extérieurs montrent des signes d’amélioration.

Compte tenu des résultats réalisés au premier semestre, et des estimations pour les troisième et quatrième trimestres, la croissance économique devrait s’établir à 4,7% ou 4,8% à la fin de l’exercice. Certains organismes tablent même sur une hausse du PIB de 5,1%, comme le Fonds monétaire international (FMI), tandis que le HCP estime la progression de l’activité à 4,6% et le gouvernement à 4,8%. Comme on le voit, les estimations sont très proches les unes des autres, ce qui confirme que la croissance cette année, grâce à la bonne campagne agricole, sera bien meilleure que celle de 2012. Ceci est éminemment important pour le reste des indicateurs. Car on peut faire tous les efforts que l’on veut pour maîtriser les dépenses, si la croissance n’est pas là le déficit budgétaire, en termes de proportion, ne s’améliorera pas.

C’est donc compte tenu du niveau de croissance estimé, mais aussi de la mise en place de l’indexation partielle des produits pétroliers, que le gouvernement prévoit de ramener cette année le déficit budgétaire à 5,5%, au lieu de 7,3% en 2012. Est-ce que cet objectif sera atteint ? Les données disponibles et les estimations pour le reste de l’année ne permettent pas de le penser. Voici pourquoi.

Au premier trimestre, la croissance a été de 3,8%, avec un prix implicite du PIB (la variation des prix de tous les biens et services et pas seulement les prix à la consommation) de 2,3%. Au deuxième trimestre, la croissance s’est accélérée pour atteindre 5,1% et un prix implicite du PIB de 1,8%, selon les comptes nationaux arrêtés par le Haut commissariat au plan (HCP). Pour le troisième trimestre, le PIB devrait augmenter de 4,5% et l’inflation de 1,7% et au dernier quart de l’année, l’on estime à 5,3% le rythme de croissance attendu. Sur cette base, le PIB devrait enregistrer une hausse de 4,7% en termes réels. Si l’on suppose que l’inflation sera de 2%, tout au plus (sans doute un peu moins, en raison de la bonne campagne agricole et de la modération des prix des produits alimentaires sur le marché international), le PIB nominal sera rehaussé de 6,7%. Ceci pour le dénominateur.

Au numérateur, le déficit budgétaire à fin septembre s’établit à 42,5 milliards de DH. Précisons tout de même que ce déficit est celui établi par la Trésorerie générale du Royaume (TGR). Or, cette institution tient une comptabilité de caisse. Ces 42,5 milliards peuvent donc être considérés comme un déficit de trésorerie et non un déficit budgétaire. Mais en l’absence d’informations sur ce dernier, considérons-le, arbitrairement, comme le déficit budgétaire enregistré sur les neuf premiers mois de l’année (de toute façon, entre les deux montants, la différence ne doit pas être si importante que cela). Suivant cette hypothèse, le déficit mensuel moyen est de 4,7 milliards de DH. Pour les trois mois qui restent pour boucler l’exercice, cela fait donc un déficit additionnel de 14,1 milliards de DH, portant ainsi le déficit global à 56,6 milliards de DH. Rapporté au PIB estimé, cela donne un déficit budgétaire pour 2013 de 6,4%. C’est une amélioration de 1 point par rapport à 2012 et presque autant de moins que la prévision du gouvernement pour 2013. Cela dit, le système d’indexation mis en place en septembre pourrait infléchir légèrement ce niveau de déficit, pour le ramener à quelque 6% du PIB.

Le déficit extérieur devrait se replier à environ 7%

Quid maintenant du déficit extérieur ? Le gouvernement espère ramener le déficit du compte courant de la balance des paiements à 6% du PIB au lieu de 10% en 2012. Le HCP, lui aussi, a publié en juin dernier une estimation optimiste pour cet indicateur relatif à la capacité de financement de l’économie, tablant cette année sur un déficit courant de 6,8%.

Les évolutions constatées jusqu’ici, aussi bien dans les importations et les exportations de biens et services que dans les flux financiers, laissent entrevoir en effet une amélioration à ce niveau. Au premier trimestre déjà, le déficit du compte courant (-17,24 milliards de DH) s’était allégé de 6% par rapport à la même période de 2012. Au deuxième trimestre, l’amélioration était encore plus nette : -24,92 milliards de DH, soit une baisse de 15,3% par rapport au deuxième trimestre de 2012. Au total, sur le premier semestre de l’année, le déficit du compte courant (-42,2 milliards de DH) s’était replié de 11,8% par rapport à la période correspondante de l’année précédente.

Est-ce que cette orientation favorable se poursuivra sur le troisième et quatrième trimestre de l’année ? Les indicateurs des échanges extérieurs publiés à fin septembre permettent de le penser : poursuite de l’amélioration du déficit commercial entamé depuis le début de l’année, par suite notamment de la baisse des importations, l’amélioration des recettes touristiques, la légère hausse des envois des MRE et la forte augmentation du flux des investissements étrangers directs (IDE). Pour les trois derniers mois de l’exercice, tout dépendra de la poursuite ou non de cette amélioration ainsi que des données liées au remboursement du service de la dette extérieure publique.
Mais quoi qu’il en soit, et sauf imprévu, le déficit courant devrait se replier à un niveau proche de 7% du PIB…