Le Crédit Agricole accorde une remise de dettes à  80 000 agriculteurs

La banque abandonne 50% du montant pour les encours de 100 000 DH et 25% pour ceux situés entre 50?000 et 100 000 DH. L’opération va coûter 765 MDH supportés à  parts égales entre l’Etat et le CAM.

Enième opération de restructuration ou d’abandon de dettes au profit du monde agricole.  Mercredi 22 juin, le Crédit Agricole du Maroc décidait de lancer une opération en faveur d’une partie des agriculteurs, comportant un abandon partiel de dettes, un rééchelonnement des montants restants et une ouverture vers les agriculteurs qui avaient été exclus des crédits de l’institution après avoir bénéficié d’un abandon de dettes en 2005. Tariq Sijilmassi, président du directoire du Crédit Agricole, explique le contexte et l’esprit de ces mesures : «Tout est parti du vœu d’alléger et de rééchelonner les créances des petits agriculteurs, exprimé par le Roi Mohammed VI aux 4e assises de l’agriculture tenues le 26 avril dernier». De là, il fallait concevoir un train de mesures qui colle à la réalité avec deux contraintes : apporter de l’oxygène à la catégorie d’agriculteurs qui en avait le plus besoin (ils représentent 80% du total) et leur permettre de s’amarrer à la dynamique actuelle qui est la stratégie globale de mise à niveau de l’ensemble du secteur.

Les frais de retard, de poursuite et de dossier passent à la trappe

Les mesures annoncées s’adressent à 80 000 exploitants agricoles. Ceux dont l’encours de la dette est à hauteur de 100 000 DH et plus se voient accorder un abandon de 50%. Entre 50 000 et 100 000 DH, cette proportion est limitée à 25%. Et ces mesures valent aussi bien pour ceux qui ont des impayés ou non. Le restant de la dette va être rééchelonné sur une durée pouvant aller jusqu’à 15 ans. Le plan prévoit également une baisse des taux d’intérêt des dossiers d’origine, l’annulation des intérêts de retard et des frais de poursuite pour ceux qui sont déjà dans ce schéma ; et enfin une exonération des frais de dossier. Cette opération va coûter 765 MDH supportés à parts égales entre l’Etat et le Crédit Agricole.
L’autre bonne nouvelle est que les clients qui avaient bénéficié d’un abandon de dettes en 2005 et ont été exclus du système de financement normal pour cause de risque élevé d’insolvabilité, se voient rouvrir les services de l’institution, pourvu qu’ils n’aient pas abandonné leurs exploitations ou migré vers les villes.
L’idée défendue par Tariq Sijilmassi est de faire de cette opération un autre versant des aides financières de l’Etat dans le cadre du Plan Maroc Vert. En fait, il s’agit d’offrir aux agriculteurs les moyens d’investir, chacun selon son ambition, qui dans la mécanisation, qui dans le goutte à-goutte,etc., pour être recevable dans la dynamique de l’agrégation. Les canaux de financement sont aussi bien le Crédit Agricole que son bras armé pour les petits agriculteurs, la société Tamwil El Filahi.