Lafarge Maroc s’engage à  contribuer au projet des logements à  140 000 DH

Le PDG du groupe vient d’effectuer un séjour au Maroc où il a rencontré cinq membres du gouvernement La capacité de production sera augmentée de 3 à  4 millions de tonnes d’ici 2012, dont 2 millions pour l’unité de Tétouan.

Bref, mais intense. C’est ainsi que l’on pourrait qualifier le séjour que le président-directeur général du groupe Lafarge, Bruno Lafont, vient d’effectuer au Maroc. En deux petites journées – du 12 au 14 juin -, ce dernier a obtenu audience auprès de cinq ministres, dont le ministre de l’habitat et de l’urbanisme, Toufiq Hejira. «Nous avons parlé de la croissance de notre secteur, des programmes d’infrastructures, des moyens de favoriser le développement du logement sous toutes ses formes», indique M. Lafont.

De ces rencontres privilégiées, le PDG affirme être très satisfait. «Nous sommes heureux de constater le dynamisme qui anime actuellement notre secteur au Maroc, et aussi la clairvoyance dont font preuve les instances dirigeantes, avec des stratégies et des lignes directrices précises», commente-t-il. Il faut dire que, devant le détenteur de 40 % des parts de marché du secteur cimentier, mieux vaut montrer qu’on a de l’ambition et qu’on sait où l’on va.

Le ministre de l’habitat en a aussi profité pour glisser un mot au grand patron du ciment, au sujet du programme de logement à bas coût. «Nous allons nous impliquer dans le logement à 140 000 DH», avance M. Lafont, en précisant que la forme de cette contribution reste encore à déterminer. «Nous participons déjà à ce genre d’initiatives dans d’autres pays. Nous étudierons de quelle manière nous pouvons nous engager à la lumière de ce que nous faisons ailleurs».

19,4 millions de tonnes en 2012, c’est raisonnable !
Le PDG de Lafarge s’est également montré très «zen», vis-à-vis de la concurrence sectorielle au Maroc. Les investissements récents de Holcim, tout comme l’intention des grands promoteurs comme Chaâbi et Addoha de se lancer dans la cimenterie, ne le font pas sourciller.

«Nous sommes très calmes par rapport à cela. Nous avons une position forte sur laquelle nous avons énormément investi, et beaucoup travaillé», rappelle M. Lafont. En effet, le groupe a injecté quelque six milliards d’investissements en dix ans au Maroc, notamment pour la création d’une nouvelle unité à Tétouan et l’extension et la modernisation de celles de Bouskoura et de Tanger.

Une concurrence plus corsée ne pourrait donc, selon lui, que favoriser l’émulation, et être favorable au consommateur : «La compétition se joue sur le coût, la qualité, le service, le choix de la carrière, le délai de livraison, etc. On se compare sans cesse aux concurrents, pour voir ce qu’ils font et toujours être devant».

Le leader du marché n’a donc pas peur de perdre sa place. Sur les 13,7 millions de tonnes de ciment vendues au Maroc en 2007, 5,4 millions provenaient des fours de Lafarge. «Et à l’heure actuelle, deux ou trois millions de tonnes supplémentaires sont à l’étude. Nous savons déjà que le premier million de tonnes sera pour Tétouan», avance-t-il. Le conseil d’administration du 27 juin devrait étudier ces projets.

Quant à l’avenir du secteur sur le marché marocain, le grand patron est optimiste. «C’est un business où il est difficile d’avoir de la visibilité. Il peut y avoir saturation, excès de demande ou un bon équilibre», prévient-il. Mais les prévisions du ministère de l’habitat et de l’urbanisme, qui se chiffrent à 19,4 millions de tonnes pour 2012, lui paraissent raisonnables. Anticiper une croissance annuelle moyenne de 8,7% paraît en effet réaliste, car le secteur croît à vue d’œil, comme en témoignent les derniers résultats de mai, avec une hausse de 17,4 %.

Ce taux de croissance plus qu’élevé est d’ailleurs un point commun à de nombreux pays émergents dans lesquels Lafarge a choisi de s’implanter. «Nous sommes là où la croissance se trouve, poursuit-il, et, dans deux ans, nous réaliserons les deux tiers de nos résultats dans les pays émergents».

Par ailleurs, le groupe bouclera cette année son «Plan Excellence 2008». En plus des aspects sécurité et ressources humaines, ce programme permettra à Lafarge, à terme, de réduire ses coûts de 400 millions d’euros en 3 ans. Côté production, les objectifs sont de faire passer la production globale du groupe à 260 millions de tonnes en 2010, contre 170 millions actuellement.

Cette performance exceptionnelle est notamment due à la fusion avec Orascom Cement, «qui nous permet de renforcer notre présence dans de nombreux pays émergents», soutient M. Lafont, tout en précisant qu’à moins d’une affaire en or, le groupe n’a plus d’opération de fusion ou acquisition sur sa feuille de route .