L’accord de pêche avec l’UE reconduit, de nouvelles conditions dans un an

Arrivé à  expiration fin février, l’accord de pêche a été tacitement reconduit mais le protocole l’accompagnant sera renégocié. L’UE versera une tranche de 36 millions d’euros, en attendant la reprise des négociations.

Le Maroc et l’Union européenne viennent de reconduire tacitement l’accord de pêche qui les lie et qui a pris fin février 2011. C’est donc reparti pour une autre période de quatre années. Mais il faut savoir que la reconduction ne vaut que pour l’accord-cadre qui se rapporte au nombre d’unités habilitées à pêcher (119 au total), aux modalités, aux zones de pêche et au quota qui est de 60 000 t de petits pélagiques dans le stock C (zone sud), par exemple. Mais pour ce qui est du protocole qui accompagne l’accord-cadre et qui traite de la destination de la contrepartie financière, de la pêcherie ou encore de la recherche scientifique conjointe, le Maroc a demandé et obtenu que le contenu soit rediscuté et recadré dans une année. Conséquence, la contrepartie financière sera calculée et versée sur une seule année, ce qui donne l’équivalent de quelque 36 millions d’euros (396 MDH), la dotation totale sur quatre années étant de 144 millions d’euros, sans compter ce que versent les armateurs pour chacune de leurs unités. Il s’agit d’une redevance en fonction des volumes pêchés et d’un droit de licence et les frais d’observateurs car, dans chaque unité, des représentants du ministère de la pêche sont présents pour s’assurer du respect des armateurs des clauses contenues dans l’accord-cadre.

L’effort de pêche des unités UE sera intégré dans les plans d’aménagement

Pourquoi le Maroc a-t-il choisi cette démarche ? Zakia Driouech, directrice de la pêche et de l’aquaculture, au ministère de l’agriculture et des pêches maritimes, explique que ce choix était dicté par la nécessité de revoir le contenu du protocole à la lumière des nouveautés qui se rapportent à la nouvelle vision et au plan Halieutis. Ces éléments ne pouvaient pas être pris en compte durant les négociations d’il y a quatre ans pour la bonne raison qu’elles n’existaient pas.
En clair, le département de tutelle veut revoir la contrepartie financière et les clauses du protocole qui accompagnent l’accord-cadre pour les adapter aux objectifs du secteur tout en incluant les nouvelles donnes comme la prise en main des ports par l’Office national des pêches (ONP) ou encore la relance du plan Ibhar (modernisation de la flotte), par exemple. Mais il n’y a pas que la partie financière et sa répartition qui sont concernées mais bien également l’intégration de l’effort de pêche des unités dans les différents plans d’aménagement ou encore les termes de la recherche scientifique. Car, conclut Zakia Driouech, «la question est de placer le protocole qui nous lie à l’UE dans les trois axes des perspectives que sont la durabilité, la performance et la compétitivité».