La RSE, un investissement rentable pour les PME

Importée au départ par les multinationales, la RSE intéresse de plus en plus les entreprises marocaines. Plusieurs référentiels sont disponibles pour se conformer aux meilleures pratiques de la RSE.

Parmi les concepts managériaux contemporains, la RSE est, depuis le début des années 2000, présente avec force dans les discours institutionnels des entreprises. Elle signifie, génériquement, l’intégration volontaire par les entreprises, dans leurs activités commerciales, des préoccupations sociales et environnementales. La RSE exprime, de ce fait, un engagement des dirigeants à prendre en considération, de manière systématique et en plus de leurs obligations légales, des intérêts qui favorisent les activités de leurs travailleurs, de leurs partenaires, et le développement durable de manière générale.

Contrairement à d’autres contextes comme aux Etats-Unis ou en Europe, le mouvement de la RSE au Maroc semble être importé. Selon les experts, l’introduction de la RSE a été initialement impulsée par les filiales des multinationales qui sont liées par les politiques des sociétés mères et par conséquent s’engagent dans les processus de RSE et veillent à ce que leurs partenaires y adhèrent. Autre voie de l’introduction de la RSE : l’obligation faite aux entreprises marocaines dont les activités sont fortement dépendantes de multinationales ou de clients étrangers exigeants en matière de RSE (entreprises de textile qui se voient dans l’obligation d’avoir une certification pour accéder à des marchés ou maintenir des commandes). De plus, le concept s’est diffusé également grâce à la coopération internationale, l’assistance technique (entre effectifs des entreprises étrangères et nationales) et le conseil en management. En plus de l’engagement managérial des actionnaires et dirigeants dans l’implémentation de démarches RSE, d’autres facteurs jouent un rôle crucial dans la montée de la RSE comme la réglementation, le contexte sectoriel, la concurrence, parfois même l’effet de mode ou le mimétisme.

A aujourd’hui, le constat est contrasté. Si de nombreuses entreprises, notamment les filiales de multinationales et les grands groupes, ont pris la vague, d’autres structures, notamment les TPME, hésitent à sauter le pas (souvent par méconnaissance de la part des dirigeants). Ce qui est sûr c’est que nous assistons à une grande prise de conscience de l’intérêt d’une telle démarche dans le milieu de l’entreprise, à en croire les spécialistes. Les entreprises marocaines sont parmi les plus avancées en termes de RSE au niveau de la région MENA.

Quelle est la démarche à entreprendre pour mettre en place le label RSE ? Avant de l’entamer, il faut commencer par dresser un état des lieux des actions existantes et de celles à mettre en place. Cela passe par la réalisation d’un diagnostic social et environnemental pour évaluer les conditions de travail et la parité hommes-femmes au sein de la structure, la politique anti-discrimination, la consommation d’énergie, d’eau ou encore les émissions de gaz à effet de serre… ; la définition des orientations et la fixation des objectifs d’amélioration ; et enfin la mise en œuvre à travers des actions pour modifier les pratiques et construire les dispositifs de reporting.

Pour ce faire, il existe des référentiels de RSE. Il s’agit de l’ISO 26000 (publiée depuis le 1er novembre 2010) qui donne les lignes directrices pour tout type d’organisation cherchant à assumer la responsabilité des impacts de ses décisions et activités. L’ISO 26000 reste un outil de progrès et n’est pas un référentiel qui fait l’objet de certification. Un autre référentiel est le label de la CGEM. La Confédération patronale a, en effet, élaboré une charte de responsabilité sociale donnant lieu à un Label de RSE adopté le 14 décembre 2006. Cette charte est structurée en 9 axes principaux traitant de la RSE.

 
Qu’entend-on au juste par Responsabilité sociale (ou sociétale) des entreprises ?

Il s’agit en fait de l’ensemble des pratiques mises en place par les entreprises dans le but de respecter les objectifs du développement durable (ODD), c’est-à-dire être économiquement viable, avoir un impact positif sur la société tout en respectant au mieux l’environnement. Concrètement, les démarches RSE sont mises en place par les entreprises pour contribuer par exemple, au-delà de la protection de l’environnement, à l’amélioration de la qualité des produits et services, l’inclusion sociale ou encore le développement économique…

Comment s’exerce la RSE en entreprise ?

La RSE prend sa pleine dimension en s’exerçant dans de nombreux domaines : éthique, économique, environnemental, social, culturel, éducatif… Par exemple, en matière de protection de l’environnement, l’entreprise peut mettre en place un programme de réduction des déchets papier, de réduction des consommations énergétiques, de recyclage… Elle peut aussi concevoir des produits à dimension écologique. En matière d’enjeux sociaux, il y a aussi différentes manières d’intervenir : en participant à des actions solidaires, caritatives ou à des programmes d’inclusion sociale, en faisant du mécénat de compétence (implication des collaborateurs), en mettant en place des programmes de prévention, de santé et bien-être au travail…

 En quoi la RSE présente-t-elle un enjeu crucial pour les entreprises?

Tout d’abord, je voudrais dire que la RSE n’est plus un concept destiné aux seules grandes entreprises. Il s’agit pour toute entreprise d’intégrer les préoccupations sociales et environnementales dans ses activités opérationnelles et dans ses relations avec ses parties prenantes (clients, collaborateurs, fournisseurs et actionnaires). Ainsi la «culture RSE» est-elle amenée à devenir un des axes majeurs de la stratégie de l’entreprise et à se diffuser au sein de l’éco-système avec lequel elle interagit. Le retour sur investissement de la RSE ne peut être que bénéfique dans la mesure où cette dernière agit sur la performance et la visibilité de l’entreprise. En effet, la RSE contribue à mieux gérer les ressources de l’entreprise et à améliorer sa productivité interne, mais aussi à améliorer son image auprès de ses clients. De plus en plus de consommateurs deviennent exigeants vis-à-vis des entreprises et veulent que celles-ci respectent mieux l’éthique, le cadre législatif, l’environnement et, globalement, soient plus responsables et plus engagées. La RSE, c’est une façon de construire la solidité de l’entreprise, d’œuvrer pour sa durabilité avec une grande capacité d’adaptation.