La CGEM mobilise 43 patronats pour faire face au dérèglement climatique

Ils ont tous signé la «Déclaration de Marrakech » dans laquelle ils s’engagent à s’adapter aux risques climatiques. Huit grands principes ressortent de cette feuille de route. Les patronats militent pour que les États accordent à l’adaptation une place de choix dans les solutions proposées.

La CGEM a réussi lors des travaux de la COP 22 à mobiliser 43 Patronats internationaux, dont ceux du Sud notamment, en vue de faire face aux effets du changement climatique. Cette mobilisation s’est traduite par la signature de la «Déclaration de Marrakech», lors de la tenue du «High Level Business Summit on Climate Change» organisé par la CGEM le 16 novembre dernier.

Le changement climatique est une donnée à intégrer dans la chaîne de valeur et dans la vision des affaires des entreprises. C’est globalement ce qui ressort de cette déclaration. A ce titre, 8 principes de taille ont été communément intégrés par les 43 patronats de pays dont l’amélioration de l’engagement des entreprises et des gouvernements pour renforcer l’Accord de Paris. Ainsi, les entreprises devraient encourager les gouvernements à adopter les actions prioritaires nécessaires à la mise en œuvre de cet accord et à intégrer les entreprises et déployer les ressources nécessaires dans ce sens. Cela devrait se faire, en particulier, à travers la création de cadres de consultation avec ces entreprises. De même, les patronats s’engagent à assister les gouvernements dans la mise en œuvre de leurs Contributions déterminées au niveau national (CDN). Cela dit, ils souhaitent être associés, de manière effective, dans la conception et la mise en œuvre des projets d’atténuation et d’adaptation. L’amélioration des ambitions visées pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris est également prévue, et ce, en mettant en place des politiques et des actions complémentaires, idéalement en PPP.

Par ailleurs, le secteur privé souhaite accorder davantage d’importance à l’adaptation, en particulier dans des régions très vulnérables, à l’instar de l’Afrique, l’Asie et les régions insulaires dont les moyens technologiques et financiers restent limités. La question du financement n’est pas laissée pour compte. Pour cela, le secteur privé recommande un recours à différentes formes de financement direct ou au marché. Il préconise aussi le maintien d’un climat favorable à l’investissement vert pour encourager les technologies vertes et durables, ainsi que la priorisation de la gestion du risque lié à ce type d’investissement. Pour leur part, les politiques publiques devraient, à terme, chercher à supprimer progressivement les subventions pour toutes les formes d’énergie.

L’accent est mis sur la transparence des actions

Cette déclaration comprend aussi un volet tout aussi important lié à la mise en place de mécanismes de coopération permettant la diffusion de technologies vertes et durables dans les pays développés et les pays en développement. Un échange Sud-Sud est à promouvoir aussi dans une optique de partage de savoir-faire et de partage de bonnes pratiques. C’est dans ce sens que les patronats souhaitent initier des approches novatrices afin de faciliter l’accès des entreprises à ces nouveaux marchés et de promouvoir des solutions durables

En outre, le secteur privé a mis l’accent sur le renforcement des capacités nationales en matière de changement climatique. Il doit concerner toutes les entreprises afin qu’elles assurent leur rôle de catalyseur. Ce qui implique un triple travail de sensibilisation, d’information et de formation afin qu’elles soient toutes au même niveau. Ainsi, le secteur privé se veut prêt à assurer cette mission fondamentale de renforcement des capacités, directement ou dans le cadre d’un Partenariat public-privé.

Le dernier engagement se rapporte à la promotion d’une approche transparente dans la tenue des engagements. Il s’agit de l’instauration d’un cadre effectif de notification pour évaluer la transparence des actions. Il permettra d’accéder aux informations de base lors de la mise à jour et du renouvellement des CDNs et veillera à la progression des pays dans la réalisation de leurs engagements. De même, un suivi efficace et précis du financement du climat est un défi majeur pour l’Accord de Paris. Le secteur privé soutient l’élaboration de règles comptables que les parties respecteront afin de mieux suivre le financement du climat public et d’accroître la transparence.