La BAD défriche de nouveaux chemins de croissance pour le continent

Le PIB du continent a doublé depuis 2000, mais il y a encore beaucoup à  faire. La préservation de l’environnement, l’approche genre et la solidarité entre Etats parmi les axes de la nouvelle stratégie de la BAD.

C’est jeudi 29 mai 2013, à Marrakech, qu’ont été ouvertes les assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD) qui seront clôturées ce vendredi. C’est la deuxième fois depuis la création de l’institution -la 1ère a eu lieu en 1974 à Rabat- que le Maroc accueille cet événement. Entre-temps, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Avec ses 79 membres, dont 54 régionaux (pays africains) et 25 non régionaux (non africains), l’organisation a bien changé de visage, mais la problématique demeure : Que faire pour sortir le continent de la pauvreté, le mettre enfin sur orbite ? On admet que durant la dernière décennie et le début de celle en cours, le rythme de croissance a été élevé. «Corrigé de l’inflation, le PIB du continent a doublé entre 2000 et aujourd’hui», a souligné Donald Kaberuka, président de la BAD. Mais eu égard à une démographie par endroit galopante, cette croissance reste malgré tout très faible pour résorber les déficits accumulés dans tous les domaines. Selon Mthuli Ncube, économiste en chef et vice-président de la banque, il faudrait en moyenne un taux de 9%.

Vaincre la mal gouvernance, un impératif

Bref, malgré des éclaircies, le continent est à la traîne par rapport aux autres parties du monde.
Le thème choisi par la BAD pour ses assemblées annuelles, «La transformation structurelle de l’Afrique», également fil conducteur de sa nouvelle stratégie, peut ainsi être interprétée comme un cri destiné à conjurer le mauvais sort, donc sans suite. Mais à écouter les différents responsables de l’organisation, on sent bien qu’il y a une ferme volonté d’aller de l’avant, en dépit de la rudesse de la tâche dont on a pu de nouveau mesurer la consistance dans les différents ateliers et séminaires organisés depuis lundi 27 mai, en prélude à l’ouverture officielle des travaux. La pertinence de la nouvelle stratégie de la banque réside dans le fait que le développement doit être maîtrisé, en tenant compte des impératifs environnementaux et en s’appuyant sur une plus profonde solidarité entre les Etats. Il le faut bien parce que dans une compétition mondiale, les grands Etats partenaires ne tendent pas la main au continent par altruisme. En retour, ils sont en quête de marchés et de ressources rares. Dr Nkosazana Dlamini-Zuma, présidente de la commission de l’Union Africaine, a bien mis le doigt sur cet aspect en insistant, lors du sommet d’Addis-Abeba qui vient de s’achever, sur le fait que «l’aide extérieure est la bienvenue et nous l’acceptons avec plaisir, mais nous devons aussi regarder comment mobiliser nos propres ressources pour développer les infrastructures et tout ce qui fera la prospérité de l’Afrique». Sans doute que les moyens pourraient ne pas faire défaut, mais il faudra impérativement vaincre la «mal gouvernance», sinon tout effort sera vain.