26 décembre 2003
Lavieeco (25578 articles)
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Khalid Oudghiri balise son terrain

Il prend la présidence de Wafabank et deux de ses proches collaborateurs
sont cooptés administrateurs.
Un organigramme cible sera publié dès janvier Un comité
de rapprochement a été constitué.

Khalid Oudghiri, président de la BCM, a désormais les mains libres pour concrétiser son projet de fusion entre son établissement et Wafabank. En effet, les autorités monétaires ont donné leur accord à l’opération et l’acquisition des parts de la famille Kettani s’est faite lundi 22 décembre. Le lendemain, il a été installé à la tête du conseil d’administration de Wafabank. Dans le même temps, Mohamed Kettani, DG à la BCM et Henri Moulard, qui siège au conseil de la même institution, ont été cooptés administrateurs.
Au cours de la même journée, le nouvel homme fort du secteur bancaire marocain a réuni les hauts cadres de Wafabank. Khalid Oudghiri est revenu sur les quatre valeurs qui devront guider la marche vers l’unification des deux institutions.
D’abord la transparence. En guise de gage, il a invité une quinzaine de cadres de la BCM à assister à la réunion tenue au siège de Wafabank dont le même nombre de cadres ont été conviés à assister à une rencontre similaire organisée le même jour au sein de la BCM. L’objectif étant d’assurer que la même information soit diffusée partout.
Ensuite, il y a l’équité dans le traitement du personnel des deux institutions. Le nouveau président a été clair sur le sujet ; chacun occupera la place qu’il mérite.
En troisième lieu, M. Oudghiri a insisté sur le choix des meilleures pratiques. Autrement dit, on tirera le meilleur des deux banques pour construire le «champion national». Enfin, le quatrième point a trait à la responsabilité. Il convient ici de comprendre que la fusion sera menée à bien avec les ressources des deux banques et que chacun doit y apporter sa contribution. En balisant ainsi le terrain, M. Ougdhiri coupe l’herbe sous le pied d’éventuels résistants.

BBVA disposée à céder ses parts dans wafabank
Concrètement, un organigramme cible sera publié dès janvier. Ce qui permettra au comité de rapprochement, constitué de 30 personnes (15 de BCM et 15 de Wafabank) en plus des consultants extérieurs, de se mettre au travail en fonction des orientations données. En principe, ce comité rendra sa copie en avril prochain. Parmi les points qu’il aura à étudier, figure la gestion des ressources humaines. Il réfléchira également sur le nom de la future entité. Interrogé par un des cadres de Wafabank sur la question, Khalid Oudghiri a assuré que «ce ne sera probablement pas BCM».
Le système informatique est un autre dossier épineux. Wafabank avait ouvert un grand chantier de refonte de son système d’information. Ce projet, baptisé Innova, coûtant entre 300 et 400 MDH, devait être lancé en janvier. Mais s’en tenant au best practice, le président a demandé a ce que le travail soit poursuivi. Mais il assure qu’il mettra le système au rebut sans état d’âme s’il n’est pas performant.
Reste la question des actionnaires étrangers. BBVA serait disposé à se retirer du tour de table de Wafabank. En revanche rien n’est encore arrêté avec le Crédit Agricole (France). Il semble que rendez-vous soit pris pour la mi-janvier afin d’aborder le sujet. Pour le moment, on évoque l’hypothèse d’une OPE (Offre publique d’échange) qui sera lancée par la BCM et qui permettrait à la banque française de renoncer aux 15 % qu’il détient dans Wafabank pour récupérer les participations de celle-ci dans le crédit du Maroc