Ingénieur géomètre topographe, ce métier mal connu du grand public

Cette profession se positionne dès l’amont de la chaîne de réalisation d’un projet. Les ingénieurs interviennent aussi bien dans l’immobilier, le BTP, l’aménagement du territoire, l’immatriculation foncière, la voirie, les ouvrages d’art…

Formés au Maroc à l’Institut vétérinaire et agronomique Hassan II, les ingénieurs topographes sont à cette date au nombre de 1200 dont 700 opérant dans le secteur privé. Ils sont tous inscrits à l’Ordre national des ingénieurs géomètres topographes, une obligation pour pouvoir exercer cette activité. Autrement, le professionnel est soumis à des sanctions pénales, pour motif d’usurpation de titre. De plus, «il s’agit de l’un des rares ordres du Maroc où le président du conseil dispose de l’habilitation de délivrer des autorisations d’exercer. Sinon c’est le secrétaire général du gouvernement qui prend cette responsabilité», explique Khalid Yousfi, président du Conseil national de l’l’Ordre national des ingénieurs géomètres topographes (ONIGT).

Cet ordre existe depuis 1994 et est régi par la loi 30-93 relative à l’exercice de la profession d’ingénieur géomètre-topographe et instituant l’Ordre national des ingénieurs géomètres topographes. Auparavant, la profession était régie par un système d’agrément octroyé par le ministère de l’agriculture et ce, à travers une direction chargée de la Conservation foncière, du cadastre et de la topographie. Actuellement, le Conseil national est renforcé par trois conseils régionaux: Rabat-Salé-Kénitra, Fès-Meknes et Casablanca-Settat. «Un conseil régional ne peut être créé que si le nombre des inscrits atteint 100. Autrement, ils sont rattachés au Conseil régional le plus proche géographiquement», explique M.Yousfi. C’est le cas de la région Tanger-Tétouan, qui est prise en charge par le Conseil de la région de Rabat, ou encore celui de l’Oriental et Draa-Tafilalt qui est sous la tutelle de celui de Fès. «En 2020, lors des prochaines élections des membres du conseil national, un 4e conseil régional sera créé, c’est celui de Marrakech-Safi», ajoute-t-il.

Un IGT agit en son nom et sous sa propre responsabilité

Cette profession, assez mal connue du grand public, se positionne dès l’amont de la chaîne de réalisation d’un projet. Les ingénieurs interviennent aussi bien dans l’immobilier, le BTP, l’aménagement du territoire, l’immatriculation foncière, la voirie, les ouvrages d’art… «Ils sont les premiers présents sur un terrain et les derniers à le quitter», résume un ingénieur géomètre topographe. En premier lieu, ces professionnels dont le métier réunit aussi bien des compétences techniques que juridiques ont la charge d’identifier le terrain dans l’espace, collecter toutes les informations concernant un terrain ou un projet, sa forme, ses dimensions, sa géométrie, sa nature, sa fiche technique…. ; mais aussi de définir le statut juridique du terrain. En effet, c’est à leur charge de demander les renseignements nécessaires auprès de l’ANCFCC (l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie) et d’établir tous plans et documents relevant de la géodésie, de la cartographie topographique, des levées cadastraux à toutes échelles et par tout procédé, de la délimitation des biens fonciers, de l’expertise foncière, de la copropriété et des lotissements.

«Une fois l’étude d’un projet validée et les budgets mis en place, nous passons à l’étape de l’exécution», explique M.Yousfi. Les ingénieurs veillent à ce que la construction soit conforme aux plans prévus. «Les géomètres topographes assistent les entreprises de construction dans les aspects liés à la délimitation, à l’alignement, au respect des plans…», ajoute-t-il. Tout dépassement, ne serait-ce que d’un millimètre, est refusé systématiquement par l’ingénieur responsable du projet. Il est même des cas où les travaux sont arrêtés et recommencés car non conformes au plan établi par l’IGT. Il faut noter que ce plan sert de base de travail à l’architecte et au bureau d’études en ingénierie.

Le travail de ces IGT ne s’arrête pas là. «Dès que les travaux liés au projet sont achevés, ce professionnel revient à la charge pour recalculer les limites et revoir le respect des plans prévus», est-il souligné. Un IGT agit en son nom et sous sa propre responsabilité. Avant de commencer son activité sur le terrain, il est obligé de souscrire à une assurance responsabilité civile professionnelle qui permet de couvrir ses clients contre les fautes professionnelles qu’il aurait commises.