Industrialisation en Afrique: ce que dit le rapport PWC

Ce jeudi 28 mars, PwC a rendu publics les résultats de son étude sur l’industrialisation en Afrique. Le cabinet a proposé un « nouveau pacte industriel ».

L’entité Conseil en stratégie de PwC a livré les résultats de son étude portant sur l’industrialisation en Afrique, ce jeudi 28 mars 2019 au siège du patronat. C’est Salaheddine Mezouar, président de la CGEM, qui a commencé la présentation, en précisant qu’« il faut faire en sorte que l’industriel marocain soit orienté et accompagné, par le biais des informations sur les opportunités et le potentiel de développement. Ceci va lui permettre de savoir où et comment y aller ». Ces rencontres permettent de « structurer les démarches de la CGEM avec les entreprises et les fédérations, en jouant son rôle d’accompagnateur et de facilitateur », a-t-il indiqué.

« Le sujet de réflexion est d’adopter l’approche la plus pragmatique pour les entreprises marocaines » a précisé, pour sa part, Assia Benhida, associée à PwC Conseil, en exposant les interrogations qui ont orienté l’étude : quels sont les leviers sur lesquels peut-on s’appuyer? Quels sont les secteurs sur lesquels il faut continuer à agir et quels sont les pays avec lesquels nous pouvons partager ces expériences, en tant qu’entreprises marocaines?

Pour Jonathan Le Henry, directeur stratégie en Afrique francophone de PwC Conseil, la problématique consiste à trouver les moyens pour « injecter un peu de pragmatisme dans les politiques industrielles en vue de se concentrer sur ce qui peut avoir de l’impact ». Ce pragmatisme, Jonathan Le Henry le définit par « l’établissement d’un diagnostic, qui consiste à ne tomber ni dans l’afro-optimisme ni dans l’afro-pessimisme, en s’appuyant uniquement sur les chiffres ainsi que les exemples des stratégies gagnantes en vue de définir les contours d’une nouvelle approche ».

Le rattrapage industriel ?

Principal constat de cette étude : dans le continent africain, la contribution de l’industrie dans la création de la richesse est « très faible ». Jonathan Le Henry ajoute :« lorsque nous observons ce qui se passe dans la région, il ressort que les pays africains sont très dépendants des exportations des matières premières non transformées. Ce qui constitue, outre un manque à gagner, un facteur de vulnérabilité et de fragilité ». En Afrique, 71% est la part des matières premières dans les exportations. A titre d’exemple, selon les résultats de l’étude, le Burkina Faso est dépendant, à environs 90%,  des exportations de ses matières premières.

Autres indicateurs sur la nécessité d’industrialiser les économies africaines : 1,6% est la part de l’Afrique dans la valeur ajoutée manufacturière mondiale. 13% est la contribution du secteur industriel dans la création de l’emploi. Dans ce sens, le conseiller a souligné qu’il faut considérer ces constats comme « un potentiel de développement ».

« Pour enclencher le rattrapage industriel », l’étude a avancé 4 leviers à actionner : capitaliser sur les ressources naturelles héritées pour construire la croissance de demain ; miser sur des partenariats stratégiques en encourageant les opérations de co-production, en citant le cas de Renault au Maroc ; créer les conditions nécessaires en matière du climat des affaires ; s’appuyer sur les technologies de la révolution industrielle 4.0 pour dégager des gains de productivité et mieux s’intégrer sur la chaîne de valeur.

L’étude a également proposé un « nouveau pacte industriel », qui s’appuie sur 5 points : un secteur privé aux avant-postes, « démineur » d’opportunités et moteur de croissance ; un secteur public pragmatique avec des responsables au « mindset chef d’entreprises » ; garantir une approche coordonnée privé / public ; penser l’industrialisation en dehors de ses frontières et intégrer une forte composante technologique dans les choix industriels.