Louer ou acheter, que préfèrent les Marocains ?

La plupart des ménages louent à défaut de pouvoir être propriétaires, une option bien ancrée dans la culture marocaine. Certains professionnels répondent à cette demande par des programmes spécifiques.

Alors que les transactions immobilières se font rares, le marché de la location résidentielle connaît un dynamisme certain depuis quelque temps, notamment sur l’axe Casa-Rabat. «Un dynamisme amené à durer», à en croire Mehdi Nadlouss, agent immobilier à Rabat. «Tenant compte du nombre d’implantations de structures étrangères qui boostent la demande émanant des expatriés et des prix de loyers globalement accessibles, un appartement de 100 à 120 m2 peut par exemple être loué en moyenne à 7 000 DH dans un quartier très bien situé à Casablanca», enchaîne-t-il.
Certains groupes immobiliers ont d’ailleurs bien compris l’intérêt que recèle le marché locatif et se sont lancés dans la production de biens résidentiels et professionnels destinés à la location.

Pour Youssef Benmansour, co-fondateur du cabinet immobilier Rea Partners, «la plupart des transactions de logements qui se font aujourd’hui sont principalement les locations. Mais les ventes aussi continuent. Elles prennent plus de temps en termes de concrétisation car la décision est plus difficile à prendre. Si on parle demande en logement, cette dernière tendrait bien entendu vers l’achat».

L’achat d’un bien répond à un besoin de sécurité

Est-ce que la bonne orientation du marché locatif veut dire que les Marocains préfèrent désormais louer plutôt que de devenir propriétaire ? «Pas du tout» tranche M.Nadlouss, avant de poursuivre: «Ils sont nombreux à louer, par défaut, en attendant de remplir les conditions nécessaires pour devenir propriétaires».

Pourtant, la décision de louer pourrait être un choix premier. Une option nettement plus intéressante que de s’engager sur plusieurs années dans un crédit immobilier, avec toutes les contraintes qui vont avec. «Mais nous avons tous besoin de posséder un logement. Nous avons une culture patrimoniale au Maroc», observe M.Benmansour.

Une idée confortée par Amine Rahmani, agent immobilier : «Le culturel prime sur l’aspect financier dans la société marocaine. Cette culture suppose qu’un acquéreur dispose d’un avantage de taille: il est au final propriétaire d’un bien immobilier qui vaut un prix bien supérieur à sa valeur de départ. Et c’est justement cet avantage-là qui le différencie du locataire qui lui n’aura aucun bien et aura en plus à continuer à s’acquitter de son loyer. En clair, l’achat d’un bien immobilier répond, entre autres, à un besoin de sécurité, de transmission, de placement».

A contrario, «opter pour la location est assimilé à une exposition à certains risques dont l’insécurité de l’habitat, dans la mesure où le propriétaire pourrait exiger du locataire la restitution de son bien immobilier au cas où, par exemple, il ne souhaiterait pas renouveler le contrat de bail, ou il prévoirait d’y loger l’un de ses descendants ou pour toute autre raison», enchaîne l’agent immobilier.

Quoi qu’il en soit, arbitrer pour la location ou la propriété dépend des besoins de l’individu et de sa vision à long terme. Si la personne accorde peu d’importance à la détention d’un bien et est plutôt dans une logique de constitution de capital afin de préparer sa retraite, préparer l’avenir de ses enfants, ou se lancer dans un projet ou autre, elle devrait opter pour la location et placer son épargne dans un produit financier rémunérateur pour disposer au final d’une épargne revalorisée intéressante.

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