Logements conventionnés : production et mises en chantier continuent de croître

L’approche de la fin de la période des exonérations fiscales explique en partie cette performance. Les unités économiques et sociales constituent 85% de la production. Entre 2010 et 2018, 1 205 conventions portant sur la production de près de 1,8 million de logements ont été conclues.

La production de logements conventionnés continue de susciter l’intérêt des promoteurs publics et privés. Après une amélioration de 19% en 2017, la production a poursuivi sa hausse en 2018, enregistrant un rebond de 6,4% pour atteindre 165 526 unités, selon les dernières statistiques du ministère de l’habitat. Dans ce volume, la part des unités économiques et sociales pointe à 85%. Les mises en chantier ne sont pas en reste, puisque l’année dernière a été une progression de 12,6%, à 181 092 unités dont 136 000 unités économiques et sociales. Il ne s’agit pas forcément d’une reprise des chantiers «dormants» ou l’ouverture de nouveaux, liée à un redressement de la demande, mais plutôt d’une course contre la montre, vu l’approche de la date limite de la fin des exonérations fiscales en 2020.

Recul des crédits garantis par l’Etat

Dans le détail, entre 2010 et 2018, ce sont 1 205 conventions qui ont été conclues, portant sur la production de près de 1,8 million de logements, dont le gros est porté par des promoteurs privés, soit 1155 conventions et 1,7 million de logements. Depuis la mise en place du programme des logements sociaux il y a 8 ans, 400 793 logements ont reçu le certificat de conformité, affichant une hausse de 50 483 unités.

Les indicateurs des logements conventionnés laissent penser une bonne tenue du secteur. Néanmoins, une production en hausse n’équivaut pas systématiquement à une demande qui se maintient, en dépit du déficit de logements dans le pays qui atteint 400000 unités. En fait, les avis restent partagés parmi les professionnels de ce secteur. Si d’aucuns n’ont pas de problèmes à commercialiser leurs biens immobiliers, d’autres estiment que la demande a marqué le pas, même dans les villes principales comme Casablanca où elle n’avait pas de mal à se manifester. «Un de mes clients qui dispose d’un programme de logements sociaux et économiques dans la métropole économique pâtit de ce ralentissement de la demande, puisque son projet en est à sa 3e année de vacance», regrette un notaire praticien à Casablanca.

Pour conforter ce constat, le nombre de dossiers de crédits garantis par l’Etat, à savoir Fogarim, a accusé un repli de 4,3% à fin 2018 pour s’établir à 11 307 prêts, soit un montant de 26,2 milliards de DH. Il faut signaler toutefois que cette baisse n’est pas à mettre à l’actif de la morosité du marché seulement, mais également sur le compte de la réticence des banques à octroyer ce type de crédits à une population vulnérable dont les revenus sont irréguliers, surtout dans un contexte de hausse des contentieux. Un promoteur actif dans le segment explique pour sa part que les clients auxquels est destiné ce type de biens sont devenus exigeants. Le besoin ne se limite plus à un logement en tant que tel. L’offre doit répondre à un cadre de vie agréable caractérisé par des espaces verts, la sécurité, la piscine, un parking et la facilitation de l’accès aux logements par des ascenseurs… Du coup, les clients attendent que des offres meilleures que celles qui existent sur le marché leur soient proposées.

On est loin du compte sur les logements sociaux à faible valeur immobilière

De leur côté, les logements sociaux à faible valeur immobilière totale ou à 140000 DH ayant été livrés se chiffrent à 26 026 unités depuis 2008, 2 647 de plus qu’en 2017. Pour autant, ce segment est bien loin d’atteindre l’objectif fixé par le gouvernement de 130 000 logements à l’horizon 2021. Plusieurs raisons expliquent son échec dont notamment la cherté du foncier qui représente, selon les promoteurs, jusqu’à 60% du coût du projet. Ce qui altère la rentabilité. Le même constat s’applique sur les logements pour la classe moyenne. Depuis son instauration en 2013, ce sont 9 326 logements seulement qui ont été produits.

Le ministère de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville a poursuivi son programme national «Villes sans bidonvilles».

Depuis 2004 jusqu’à mai 2018, l’autorité a traité la situation de 278 033 ménages bidonvillois. Ce sont ainsi 1,3 million d’habitants qui ont vu leurs conditions d’habitat s’améliorer. Ces efforts ont permis de déclarer 59 villes et centres, comme villes sans bidonvilles.

Les habitats menaçant ruine ne sont pas en reste. 7 998 habitats ont été conventionnés contre 7 915 entre 2014 et 2015. De plus, 78 conventions signées ont été traitées concernant les quartiers sous-équipés et ceux relevant d’habitat non réglementaires sur la période 2015-2017.