2 avril 2004
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Hôtel Palais des roses : dix fournisseurs demandent la liquidation judiciaire

Cette action est une riposte à la stratégie du gérant qui
a demandé la vente du fonds de commerce.

L’étau se resserre autour de Azzedine Lakhouaja, administrateur et gérant de la société Palais des Roses International (PRI). Le 8 avril, le tribunal de commerce d’Agadir se prononcera sur la liquidation judiciaire de PRI. La procédure a été entamée par dix fournisseurs, suite à la demande de mise en vente globale du fonds de commerce initiée par le gérant de PRI et que le tribunal de commerce d’Agadir a autorisée par jugement prononcé le 22 janvier. D’ailleurs, un expert a été désigné afin de fixer la mise à prix pour lancer les enchères publiques.
Rappel des faits. Subissant la pression des fournisseurs dont l’un a obtenu la saisie et la vente des meubles de l’hôtel, Azzedine Lakhouaja a en effet cherché par tous les moyens à arrêter la procédure, notamment en ayant recours à la vente du fonds de commerce. Sauf que, d’habitude, la procédure veut que le demandeur de la vente s’active pour obtenir l’exécution de la mise aux enchères. Or, l’administrateur de PRI n’a pas intérêt à activer la procédure et donc à vendre, pour la simple raison qu’il risque de perdre un hôtel qui lui a coûté cher et qui a été la source du divorce avec Dallah Al Baraka, son partenaire saoudien. Bref, il cherche à gagner du temps. Deux éléments auraient pu pourtant contrarier sa stratégie.
BMCE Bank cherche à recouvrer 130 MDH
Le premier a trait au jugement rendu le 22 janvier 2004. Selon ses termes, Azzedine Lakhouaja doit réaliser la vente du fonds de commerce dans un délai d’un mois après le dépôt du rapport de l’expert judiciaire désigné par le tribunal pour fixer la mise à prix de l’hôtel. Sinon, l’exécution de la saisie des meubles reprendra là où elle s’était arrêtée. Il a donc tout intérêt à ce que ce dernier ne fasse pas son travail rapidement. D’ailleurs, contacté par nos soins, Houcein Adehni, l’expert judiciaire en question, a précisé que le délai dépend des éléments du dossier et que généralement cela lui prend entre 15 jours et un mois pour terminer son étude. Mais il y a un hic : jusqu’à jeudi dernier, 1er avril, l’expert n’avait pas, de son aveu, reçu le jugement. Autrement dit, il n’a pas encore été investi de sa mission. Ce qui fait deux mois de gagnés pour Lakhouaja.
Le deuxième élément est une action pour paiement enclenchée par BMCE Bank, à laquelle PRI doit un peu plus de 130 MDH. Si cette dernière se déclare incapable de régler cette dette, la banque réclamera l’exécution des garanties. Les avocats de PRI peuvent faire durer le suspense en cherchant à épuiser toutes les voies de recours.
Mais c’est sans compter avec la vigilance des fournisseurs. En effet, la demande de vente du fonds de commerce repose sur la reconnaissance par le demandeur du fait qu’il soit en cessation de paiement. Ce qui ouvre la voie à liquidation judiciaire. Le 17 mars, donc, Me Ali Kettani, au nom des 10 fournisseurs, a introduit une requête dans ce sens. Elle a été notifiée à PRI qui a d’ailleurs constitué ses avocats. Selon l’avocat, «la décision sera exécutoire sans voie de recours». L’échec et mat est proche

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