Hakim Marrakchi : «La seule approche fiable pour accéder au marché turc est de trouver un partenaire local»

La seule approche fiable pour accéder au marché turc est de trouver un intermédiaire ou un partenaire tel qu’un grand groupe turc qui va faciliter l’accès au circuit de distribution du pays qui demeure dominé par les nationaux.

Mais une légère ouverture dans le cadre du processus de convergence avec l’Union européenne a permis l’installation de grands groupes étrangers de distribution. Quand l’exportateur essaie de s’introduire seul auprès des Turcs, il fait face à tous types de tracasseries administratives qui finissent par lui faire regretter cette démarche. A l’époque où j’étais à la commission internationale de la CGEM, j’ai été approché par un grand groupe turc propriétaire d’une société de commerce qui m’a proposé d’importer ma marchandise et de la revendre moyennant une commission. Ce groupe, qui était venu lors de la visite de Recep Teyyip Erdogan au Maroc en 2013, voulait montrer sa bonne volonté vis-à-vis de la commission qui appelait à équilibrer les échanges commerciaux avec la Turquie. Une proposition que j’avais fini par décliner.

Ensuite, j’ai été contacté par des industriels turcs qui ont commandé certains produits de confiserie pour compléter leur gamme ou devenir plus compétitifs. Ces industriels détenaient une unité industrielle, située dans le sud de la Turquie, qui avait pâti de problèmes durant le conflit syrien et la présence de «Daech» en Syrie et en Irak. Elle a fini par mettre la clé sous le paillasson et s’est vue privée de certains marchés. En 2018, j’ai envoyé une dizaine de conteneurs pour un équivalent de 150 tonnes à réexporter vers plusieurs pays turcophones et autres, notamment le Yémen, la Somalie, la Palestine, l’Egypte et la Tunisie. Des commerciaux turcs devaient réceptionner la marchandise dans le port. Ils ont eu quelques questionnements de la part des services de douane turcs et devaient expliquer la destination de la marchandise. En Turquie, les réseaux de distribution sont fermés. Il faut donc impérativement trouver des partenaires pour entrer dans le circuit ou réexporter vers d’autres pays.

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