Financement des PME : les produits de la Caisse centrale de garantie faiblement exploités

Seulement 8% du montant des crédits aux PME sont couverts par la caisse. L’institution a pourtant assoupli ses critères dans le cadre d’une offre générique. Le taux de sinistralité de la caisse avoisine les 6%.

Le constat est là ! Bien que gagnant de plus en plus du terrain, les possibilités de couverture offertes par la Caisse centrale de garantie (CCG) restent très faiblement exploitées par les PME prétendant au financement bancaire. Preuve en est le volume des crédits mobilisés à ce jour grâce à cet outil, rapporté au volume global des encours bancaires profitant aux PME. En effet, les crédits aux PME représentent environ 30% de l’ensemble des crédits bancaires (selon Bank Al-Maghrib, lors du dernier conseil de politique monétaire), ce qui permet, à fin août, d’estimer les crédits octroyés à cette catégorie d’entreprises à environ 200 milliards de DH. Ceci alors que les financements mobilisés pour les PME faisant appel à la CCG ne dépassent pas 16,5 milliards ou 8,2% du total. C’est dire que ladite garantie ne s’est pas encore imposée en tant que réflexe pour nos PME. Le management de la CCG en est conscient, et n’y va pas par quatre chemins : «L’objectif ultime pour nous est de faciliter la procédure et de se montrer le plus réactif possible pour toucher le maximum d’entreprises, sur lesquelles nous axons notre effort de prospection, étant donné que les particuliers viennent de leur propre chef», affirme Nada Gharbi, chargée de communication au sein de la CCG.

A fin septembre, et par nature de financements mobilisés par la caisse, les crédits d’investissements viennent en tête avec une enveloppe mobilisée avoisinant 12,7 milliards de DH, suivis des crédits d’exploitation dont le montant dépasse 2,5 milliards, tandis que les crédits restructuration et jeunes entreprises totalisent 1,22 milliard.

De nouveaux produits pour financer le fonds de roulement

Ceci étant, la stratégie adoptée depuis le début de l’année par la CCG n’a pas tardé à donner ses fruits. Les nouveaux-nés de la caisse, baptisés respectivement Damane Exploitation et Damane Express, surperforment leurs prévisions de départ. Le premier a été mis en place début 2012, et est destiné à faciliter aux PME l’accès aux crédits de fonctionnement. A travers ce produit, la CCG couvre 60% des crédits d’exploitation accordés par les banques aux PME cibles. A fin septembre, ce sont plus de 240 PME qui ont bénéficié de la garantie au titre de ce produit. La CCG a permis ainsi l’octroi par les banques de 1,18 milliard de DH, dont 33% pour l’industrie, 31% pour le commerce-distribution et 20% pour les BTP.

Damane Express, mis en place en juin 2012, a bénéficié au cours de ses 3 premiers mois d’activité à 220 TPE pour une enveloppe de crédits de près de 90 MDH et un engagement de la CCG de l’ordre de 63 MDH. L’objectif initial de ce produit était de faciliter l’accès à près de 500 entreprises au cours des douze premiers mois de son lancement. Par nature de crédits, en 1er lieu figurent les crédits d’exploitation suivis des projets de création. Les crédits de développement arrivent en 3e position.

Il est à noter qu’en plus de la garantie qu’elle offre aux établissements bancaires, la caisse peut cofinancer également des projets en faveur des PME en consortium avec d’autres opérateurs. A travers ce procédé, l’établissement a débloqué, à fin septembre 2012, une enveloppe de 1,3 milliard de DH, bénéficiant à quelque 2 524 entreprises.

C’est dire tout le potentiel qui s’offre aux PME qui, pourtant, ne manquent aucune occasion pour souligner leur difficulté à se financer auprès des banques qui, selon les responsables desdites entreprises, ne jurent que par des garanties réelles souvent rédhibitoires à leur encontre, rarement adaptées à leur réalité.

Par ailleurs, et puisque les crédits consentis ne se dénouent pas tous sur une bonne note, la CCG fait état d’un coefficient de sinistralité net de 5,98% traduisant la fréquence des cas où la banque partenaire s’est vue contrainte à mettre en jeu la garantie de la CCG. Des cas agrégés qui totalisent un volume global avoisinant 91 MDH étalés sur les trois dernières années. Ce constat a été de nature à pousser l’établissement à durcir sa politique de risque en se basant sur les dernières approches en matière de gestion et suivi des risques, ainsi qu’en faisant contribuer tous les comités de la caisse.

A titre de rappel, la CCG est un instrument étatique, fort d’une expérience d’environ 60 ans au service de la PME. Il bénéficie de dotations annuelles par nature de crédit, des remboursements des cofinancements, et du produit des intérêts y afférents, en tant que ressources. De quoi servir plusieurs PME, pourvu qu’elles s’essaient à la chose.