Fer forgé et céramique détrônent le tapis

Pour coller à la demande de produits ethniques à l’export, le secteur met l’accent sur le design.
La Maison de l’artisan encouragera les projets qui créeront le
plus d’emplois.

L’artisanat marocain change de visage. Le fer forgé ou les articles en céramique ont détrôné le tapis, premier produit exporté pendant des décennies. C’est ainsi que les exportations d’articles en fer forgé ont atteint en 2004 174 MDH, soit 26,4% du total. Ces derniers se retrouvent dans les grandes surfaces européennes comme Auchan et Carrefour et dans plusieurs magasins d’ameublement ou chez les galeristes.
Les exportations d’articles en céramique, désignées sous l’appellation générique de «poterie», sont en deuxième position. Elles ont atteint, en 2004, 130 MDH, soit 19,7 % du total. Ce segment dispose, selon Mounir Balafrej, directeur de la Maison de l’artisan, d’un fort potentiel, à condition de remédier au coût élevé de certains intrants comme l’énergie.
Pour le tapis, les exportations se montent à 121,2 MDH, soit 18,4 % du total. Par rapport à 1994, elles ont fléchi à 55,6 %. En fait, le tapis est touché par la baisse de la demande mondiale. Il s’agit clairement d’une réorientation de tendance.
La demande de produits artisanaux ou produits «ethniques» étant en constante évolution, à la Maison de l’artisan, on estime que le design jouera un rôle-clé. Cette dernière a d’ailleurs entamé un programme d’encouragement à la «création», s’érigeant en trait d’union entre les artisans et l’université. Dans ce sens, un accord de partenariat a été signé avec l’école Art’com. Première action entreprise, un ancien dépôt de 160 m2 a été réaménagé en salle d’exposition. Les travaux de fin d’étude des étudiants de l’école y sont présentés du 21 au 30 juillet. La Maison de l’artisan étudiera, en outre, la possibilité de collaboration avec l’Association des designers marocains.
Pour ce qui est de la promotion des exportations, les moyens étant limités, M. Balafrej est convaincu qu’il faudra concentrer les efforts sur l’accroissement des marchés de proximité à fort potentiel de croissance : France,Espagne et Italie.
Pour accompagner cette volonté de modernisation, il faut cependant un cadre réglementaire approprié. Un projet de loi dont la première mouture a suscité des divergences est toujours en gestation. Les grandes lignes portent sur la création d’un répertoire des artisans qui seront classés en fonction d’une liste de métiers prédéfinis. Ceci conduira d’ailleurs à la promotion de la formation et donc d’une nouvelle génération de professionnels aptes à s’adapter à un environnement de plus en plus changeant. Chose sûre : un potentiel de création d’emplois nouveaux existe. Parmi les axes de la nouvelle stratégie du secteur de l’artisanat figure, pour la Maison de l’artisan, un accompagnement sélectif des entreprises en fonction du nombre d’emplois qui seront créés : une centaine d’entreprises a déjà été accompagnée.

Les articles en céramique, qui représentent 19% des exportations de produits artisanaux, ont rapporté 130 MDH en 2004.