Fédération du tourisme : Ali Ghannam dévoile son programme

En tant que vice-président de l’actuel bureau, M. Ghannam revendique un bilan positif pour le mandat qui arrive à  terme. Restructuration de la fédération nationale, amélioration de la compétitivité et création d’un environnement social favorable sont les trois axes du programme.

Candidat unique à la présidence de la Fédération nationale du tourisme (FNT), Ali Ghannam est sûr de succéder à Othman Cherif Alami dont il a été le vice-président. Il juge le bilan du bureau sortant globalement positif et reprend à son compte les chantiers inachevés (formation, conventions collectives, création de fédérations régionales, etc.). Son programme s’inscrit dans le cadre de la Vision 2020 avec sa nouvelle philosophie axée sur la régionalisation et le développement du tourisme durable.

Vous êtes candidat unique  à la présidence de la FNT, après avoir été vice-président durant le dernier mandat. Quel bilan faites-vous de ce premier mandat ?
Lors du 1er mandat de la FNT externalisée, il a été mis en place un projet articulé autour de trois axes principaux.
Pour le 1er axe, il s’agissait de faire de la fédération l’interlocuteur privilégié des pouvoirs publics. Et elle l’a été. A ce titre, nous avons pris part aux travaux du Comité de veille stratégique et avons été une force de proposition pour atténuer les effets de la crise et anticiper la reprise annoncée en 2011. De même que nous avons accompagné les fédérations métiers, comme les transporteurs et les guides, dans leurs projets spécifiques.
Pour ce qui est du 2e axe stratégique, on devait assurer le suivi de la Vision 2010 et co-élaborer la Vision 2020. La FNT a travaillé en concertation avec la CGEM et le ministère de tutelle à l’élaboration de cette vision. Le bureau a émis des propositions avec pour but d’arriver à une démarche intégrée d’aménagement du territoire à travers les nouveaux concepts de territoires touristiques, de valoriser les ressources identifiées et différenciées dans ces différents territoires, et ce, en répondant aux besoins des marchés porteurs et, enfin, mettre le développement durable au cœur de notre stratégie.
Enfin, à propos de la fourniture des services aux adhérents, le bilan est là aussi plutôt positif malgré les insuffisances. Ainsi, le travail réalisé par le Bureau de la FNT a permis notamment d’intégrer les entreprises touristiques dans le champ des entreprises pouvant bénéficier du soutien de l’ANPME.
n Quels sont les grands axes de votre programme en tant que futur président de cette fédération ?
Notre projet s’inscrit dans la continuité du travail entamé par le bureau sortant. En qualité de représentants de la profession, nous nous devons d’agir sur trois volets. Au niveau  institutionnel, notre ambition est d’entamer le chantier de la restructuration de la FNT afin de la doter d’instances fortes et solides.
Il y a lieu également de créer et d’organiser les fédérations régionales du tourisme pour être l’interlocuteur officiel des agences de développement touristique (ADT). C’est le chantier prioritaire du prochain bureau de la FNT qui doit être bouclé avant fin 2011.  Notre objectif est aussi de restructurer les fédérations métiers, renforcer le positionnement de la FNT dans la gouvernance touristique et assurer des moyens financiers pérennes à nos associations.
L’implémentation et la mise en œuvre de la Vision 2020, tant au niveau national que régional, est également un axe majeur de notre projet de mandat. Il s’agit en effet d’assurer le suivi des 44 mesures de la Vision 2020 et d’en faciliter le déploiement.
Le deuxième volet, la compétitivité, est le garant d’une dynamique de croissance et de création de richesses à même de garantir la dynamique sociale dans notre secteur. Nous travaillerons aussi pour encourager avec le système bancaire l’accès au financement des entreprises touristiques marocaines. Les mesures que nous proposons auront un impact certain sur l’effort de la profession dans le domaine de l’emploi.
Pour le social, troisième axe, nous visons un environnement favorable au développement du secteur par la mise en place de conventions collectives pour les métiers du tourisme, un chantier que nous avons déjà commencé avec le bureau actuel.

Depuis le lancement de la Vision 2010, de grands chantiers ont été réalisés (infrastructures, promotion…), mais d’autres sont restés à la traîne (formation, tourisme interne, gouvernance…). Comment comptez-vous aborder ces chantiers ?
Nous travaillerons à la mise en place d’une académie du tourisme qui ne sera pas un centre de formation classique. Elle sera un véritable vecteur d’intégration, de motivation, d’implication et de fidélisation. Son objectif est de s’associer aux dispositifs existants pour améliorer les compétences métiers et les compétences personnelles, attirer et fidéliser les talents, assurer des formations innovantes, organiser la transmission des expertises et optimiser la réponse aux besoins des différents acteurs.
Nous mettrons aussi en place une commission spécifique pour le développement durable des entreprises touristiques, car nous pensons que le tourisme doit être responsable et basé sur des valeurs de qualité, de respect et de solidarité, et ce n’est pas incompatible avec la notion de rentabilité.

Certaines associations métiers sont en crise, d’autres inactives. Qu’allez-vous faire pour remédier à cette situation ?
Effectivement, certaines associations connaissent des débats internes et des divergences de points de vue qui dénotent de la bonne santé du secteur. Le débat est important car il ne faut pas tomber dans l’immobilisme. Notre responsabilité au sein de la FNT est d’accompagner les fédérations régionales et sectorielles pour asseoir une plateforme de discussion et de mobilisation des professionnels autour des chantiers majeurs de notre destination.
 
En 2009, les aménageurs-développeurs avaient fait scission pour créer leur propre association, l’ANIT. Ceci ne porte-t-il pas préjudice à la profession ?
Nous avons déjà procédé, dès juin 2008, à la modification de nos statuts pour intégrer les aménageurs développeurs. Nous travaillons sur la restructuration de la FNT et nous partageons nos travaux avec l’ensemble des professionnels, y compris les membres de l’ANIT (Association nationale des investisseurs touristiques)  qui a toute sa place au sein de la FNT pour participer activement tant à ce chantier qu’à tous les projets structurants de développement de notre secteur.