Exploration pétrolière : vers plus de concurrence et une chaîne de valeur plus efficace

Des mesures seront prises pour favoriser la concurrence dans l’exploration pétrolière, affirme Aziz Rabbah. Le ministère de l’énergie a entamé une réflexion pour mettre à niveau la chaîne de valeur. Les incitations fiscales maintenues.

Dans la mesure où le Maroc essaie d’élever l’apport des énergies renouvelables dans son mix énergétique (42% en 2020), on est tenté de dire qu’il délaisse les combustibles fossiles importés. Mais ce n’est pas le cas. Le «Morocco Oil & Gas Summit», qui a tenu sa deuxième édition les 6 et 7 février à Marrakech, était l’occasion au ministère de l’énergie et à l’ONHYM pour le réitérer. En question, l’exploration pétrolière qui se renforce au pays (voir encadré) malgré plusieurs défaillances, dont l’insuffisance du nombre des puits et celles des méthodes technologiques utilisées jusqu’à présent. En tout cas, et surtout après l’annonce de l’imminente exploitation commerciale du Grand bassin de Tendrara, tout porte à croire que ce domaine est en ébullition, dans le bon sens.

Les enjeux de l’exploration sont stratégiques

Ce constat s’est confirmé après la découverte de puits de gaz exploitable en Mauritanie. Un événement qui a rendu très optimiste Aziz Rabbah, ministre de l’énergie, des mines et du développement durable. «Tous les pays voisins ont des gisements de gaz. Le Maroc a logiquement des réserves mais il faut gérer la complexité géotechnique de l’exploration. C’est un enjeu fondamental. Il faut aussi revoir notre système pour favoriser plus de concurrence», a-t-il souligné, mercredi 6 février, au cours de l’inauguration de l’événement. En somme, il s’agit d’un éventail de régulations et de réflexions destinées à faciliter la tâche aux entreprises exploratrices. «Pour que les investisseurs puissent s’y trouver», dit-il.
Pour M. Rabbah, plusieurs prérequis s’imposent. « Nous avons besoin des investissements et du savoir-faire du secteur privé et nous voulons développer des partenariats gagnant-gagnant entre ce secteur et l’Etat dans un cadre concurrentiel idoine», souligne le ministre. Par secteur privé, Aziz Rebbah sous-entend la quinzaine de groupes exploitant, à fin 2018, une dizaine de concessions et 70 permis de recherche.
Néanmoins, la concurrence n’est pas le seul chantier qu’il faut mettre à jour pour que les investissements réalisés soient rentables. «Certes, il ne peut y avoir de concurrence sans une infrastructure adaptée et accessible à tous les acteurs», acquiesce le ministre. Ainsi, une réflexion sur la chaîne de valeur est en cours au ministère. «Nous réfléchissons à une restructuration de cette chaîne dans le sens d’une meilleure efficacité», précise M. Rabbah.

En tout cas, ce ne sont pas les mesures fiscales incitatives au profit des investisseurs étrangers qui manquent. Les exonérations touchent aussi bien la TVA, la patente, l’impôt sur les revenus des capitaux, les droits douaniers et l’impôt sur les sociétés. Aussi, les groupes explorateurs bénéficient de 10% de réduction sur les premiers 300 000 tonnes de pétrole produits en onshore et offshore, et 7% sur les 500000 tonnes produits dans l’offshore profond. Concernant le gaz, une réduction de 5%, sur les premiers 300 millions de m3 produits en onshore et offshore, et de 3,5% produits dans les profondeurs océanes est offerte à ces groupes.

Avec une superficie globale d’exploration de 737850,4km², et un portfolio de prospect diversifié, le Royaume dispose d’un éventail d’opportunités d’exploration onshore et dans les domaines offshore, méditerranéen et atlantique. Au cours des 15 dernières années, 27,5 milliards de DH ont été investis par les groupes pétroliers disposant de permis. L’ONHYM a mis en place une base de données, gratuitement, représentée par 60 000 km² de données sismiques 3D, 229 000 km de données sismiques 2D et 87 puits. À ce jour, 70 permis de recherche et 10 concessions d’exploitation ont été attribués à des sociétés pétrolières internationales. Au total, 351 puits d’exploration ont été forés au Maroc.

Le Maroc a mis en place sa stratégie énergétique nationale axée sur l’optimisation du mix énergétique dans le secteur de l’électricité; le renforcement du développement de l’énergie issue des sources renouvelables; l’encouragement des investissements étrangers dans l’exploration en amont et la promotion d’une plus grande intégration régionale. Jouissant de vastes zones inexplorées, de conditions législatives et fiscales favorables, le Maroc offre des opportunités considérables aux sociétés pétrolières internationales. L’industrie pétrolière est à la fois complexe, capitalistique et très compétitive, mettant l’accent sur l’efficacité, qui doit faire partie intégrante de tous les aspects de nos activités.