Pour une économie verte et inclusive d’ici à 2020

Une stratégie nationale de développement durable a été adoptée et sera effective en 2017. Déclinée en 7 défis majeurs, elle comprend axes prioritaires et objectifs à atteindre. La mise en œuvre de cette stratégie fera gagner au pays 6 points du PIB, contre un coût de mise en œuvre estimé à 2 points du PIB.

Le développement durable a toujours été au cœur des préoccupations politiques, économiques et de la société civile au Maroc. En ligne avec les engagements qu’a pris le Royaume dans le cadre des Sommets de la Terre de Rio de Janeiro en 1992, ou encore de Johannesburg en 2002, le Maroc a instauré des fondements avec comme point principal le développement durable et ce à travers des réformes politiques, institutionnelles, juridiques et socioéconomiques. Ceci a été renforcé par l’adoption de la charte nationale de l’environnement et du développement durable, et concrétisé par la mise en place de la stratégie nationale de développement durable, adoptée récemment, dont la mise en œuvre sera effective en 2017 sous l’égide d’une nouvelle équipe ministérielle.

Cette stratégie a été déclinée en 7 défis majeurs. Il s’agit de la gouvernance où l’Etat doit donner l’exemple pour la promotion du développement durable, en utilisant par exemple des voitures écologiques et moins polluantes dans les déplacements des agents de l’administration, en respectant les dispositions de l’économie d’énergie dans les bâtiments publics ou encore en recyclant les déchets… Le second défi, lui, concerne la promotion de l’économie verte dans le secteur de l’agriculture et de la pêche maritime, notamment à travers le développement des énergies renouvelables et la valorisation des déchets entre autres. Pour leur part, les autres défis relevés dans la stratégie sont liés à la protection de la diversité biologique, la lutte contre les changements climatiques, la protection des zones sensibles, la cohésion sociale et la culture. Pour atteindre ces objectifs, la stratégie s’est fixé 31 axes prioritaires et pas moins de 132 objectifs avec notamment plus de 200 indicateurs de suivi et de résultat. L’objectif final est de renforcer la compétitivité durablement et d’assurer la transition du pays vers une économie verte et inclusive d’ici à 2020.

Plus concrètement,  la mise en œuvre de cette stratégie qui s’étale de 2016 à 2030, fera gagner au pays 6% du PIB, contre un coût de mise en œuvre, estimé à 2% du PIB. Aussi, elle permettra la création de 250000 nouveaux postes d’ici 2020, dont  50 000 postes dans le domaine du recyclage des déchets. Ce dernier aspect a fait l’objet de l’un des points traités au niveau du programme de mise à niveau environnementale. Ainsi, le programme national de gestion des déchets ménagers et assimilés a pour principaux objectifs d’assurer la collecte et le nettoiement des déchets ménagers pour atteindre un taux de collecte professionnalisée de 90% en 2022, de réaliser des centres d’enfouissement et de valorisation (CEV) des déchets ménagers et assimilés (DMA) au profit de tous les centres urbains, de réhabiliter ou fermer toutes les décharges non contrôlées à l’horizon 2022, et de développer la filière de tri-recyclage-valorisation, pour atteindre un taux de 20% de recyclage et de 30% sous d’autres formes en 2022. L’on peut d’ores et déjà se targuer d’un taux de collecte de 85% contre 44% en 2008, de la mise en place de 22 CEV, soit une capacité de traitement de 53% des DMA (3,37 Mt/an). Cette capacité atteindra 60% après achèvement des projets en cours de réalisation et de la réhabilitation de 25 décharges non contrôlées, sachant que 28 sont en cours de travaux.

Toujours dans une vision de développement durable, le 1er juillet dernier a été adoptée la loi interdisant toute production, importation, exportation, commercialisation et utilisation de sacs en plastique destinés à l’emballage. Pour cause, ce sont près de 26 milliards de sacs en plastique qui sont consommés en moyenne chaque année, soit 900 sacs par habitant. Ce qui positionne le pays comme le 2e utilisateur de cette matière dans le monde après les Etats-Unis. Toutefois, elle autorise les autres types de sacs, notamment isothermes, ceux utilisés pour les serres agricoles ou encore pour la collecte d’ordures.

Notons que cette loi a prévu des amendes et sanctions envers les réfractaires.  Ainsi, à travers ces actions, le Maroc ne peut que favoriser l’équilibre entre les dimensions environnementales, économiques et sociales. L’objectif ultime étant d’améliorer le cadre de vie des citoyens, renforcer la gestion durable des ressources naturelles et encourager le recours aux technologies d’énergies propres.