ONU Environnement alerte sur l’exploitation illégale des sables au Maroc

La moitié de la production marocaine de sable (10 millions de m3 par an) provient de son extraction illégale dans les zones côtières, indique le programme onusien.

Le Programme des Nations Unies pour l’environnement (ONU Environnement) vient de publier, le 7 mai 2019, un rapport autour de l’état de l’exploitation du sable dans le monde.  A l’heure où la demande mondiale sur le sable et le gravier avoisine 50 milliards de tonnes par an, le rapport prévient que « l’extraction d’agrégats dans les rivières et les côtes a entraîné une pollution, des inondations, une baisse rapide des aquifères et une aggravation de la sécheresse dans le monde ».

Le document compte le Maroc parmi les pays qui souffrent de l’extraction illégale et de la contrebande de cette ressource naturelle. L’activité est régie par des « mafias », peut-on y lire. La moitié de la production marocaine de sable (10 millions de m3 par an) provient de son extraction illégale dans les zones côtières, indique le programme onusien. Il donne l’exemple d’une grande plage entre Safi et Essaouira qui, au fil des années, a été transformée en « paysage rocailleux » par les contrebandiers. ONU Environnement évoque également Asilah, qui « a subi une grave érosion de ses plages en raison de problèmes de réglementation et de pressions liées au tourisme ». En effet, le sable est « souvent retiré des plages pour être exploité dans la construction d’hôtels, de routes et d’infrastructure liées au tourisme.

Le programme onusien avise que la construction effrénée au Maroc risque de conduire à la destruction de la principale attraction naturelle des visiteurs: les plages elles-mêmes. En effet, de nombreuses structures proches des côtes sont actuellement menacées par l’érosion du littoral.