Ce que propose la CGEM lors de la COP22

Une initiative Entreprise Climat Maroc est mise en place pour pousser les entreprises à la lutte contre le changement climatique. Une importance particulière est donnée à l’adaptation et à la mobilisation des entreprises, gouvernements et ONG. La “Déclaration des Patronats de Marrakech” sera signée lors de la COP22, visant à regrouper plusieurs patronats internationaux.

La CGEM, qui a obtenu le statut d’observateur permanent pour les négociations au sein de toutes les COP à venir, est en train de mettre en place une stratégie climat pour inscrire l’action du secteur privé dans la durabilité. Trois objectifs principaux en ressortent, à savoir l’accompagnement du secteur privé dans la transition vers une économie à bas carbone, à travers l’adaptation du process des entreprises aux futures contraintes réglementaires ; l’identification des opportunités qui naîtront de la nouvelle économie verte et la préservation de la compétitivité des entreprises.

Dotée d’une commission «Climat, énergie et économie verte» et d’un «Centre marocain de production propre», la question environnementale a toujours été au centre de ses débats avec les entreprises, en vue de les accompagner dans cette orientation. Et depuis la COP 21, de nombreuses actions ont été initiées pour justement renforcer cet accompagnement, à l’instar de la mise en place de la coalition sur l’eau, le lancement du chapitre local Global Compact Maroc ou encore l’élaboration de l’initiative Entreprises Climat Maroc. Pour cette dernière, il s’agit d’une charte qui représente pour les entreprises signataires des engagements allant dans le sens de la participation de celles-ci à la lutte contre le changement climatique (CC) et à l’émergence d’une nouvelle économie verte à bas carbone. Ces entreprises devraient s’engager donc à réaliser régulièrement leur bilan carbone et le publier ; à adopter un plan d’atténuation de leurs émissions en GES pour le moyen et long terme et le mettre en œuvre progressivement ; à évaluer leur exposition aux risques directs et indirects liés au CC et à adopter un plan d’adaptation ainsi qu’un plan de développement au niveau social de l’entreprise dans la lutte contre le CC. A moyen terme, cette charte devrait aboutir à l’élaboration d’un label «climat». Pour cela, la CGEM a défini 4 axes stratégiques qui s’articulent autour de la sensibilisation des entreprises sur cette problématique ; la formation et ce, sur différents volets techniques, technologiques, institutionnels et financiers du CC ; l’accompagnement terrain des entreprises engagées dans une démarche CC ; et le développement via le lancement des études et recherches sur les risques et opportunités climatiques par secteur, type d’entreprise et région.

Pour piloter ce programme, une Task Force a été mobilisée, regroupant plus de 23 experts et personnalités aux compétences confirmées dans les questions liées à l’environnement et au climat. Notons tout de même que la lutte contre les changements climatiques n’est pas un fait nouveau au Maroc. Le pays a lancé depuis la fin des années 90, de manière volontaire et responsable, plusieurs initiatives qui lui confèrent un statut de pionnier sur le continent africain. Citons dans ce cadre la création de la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement, le plan solaire et éolien, la nouvelle stratégie énergétique, le programme national de gestion des déchets ménagers, la nouvelle politique agricole à travers le Plan Maroc Vert ; cela en plus du renforcement de l’arsenal législatif.

Par ailleurs, la CGEM insiste sur l’importance de la mobilisation des entreprises, aux côtés des gouvernements, des ONG et des citoyens, pour lutter contre les effets du changement climatique. Elle s’engage dans ce sens, à mobiliser les patronats internationaux, en particulier les patronats du Sud, pour une forte présence lors de la COP22 qui sera marquée par la signature d’une déclaration commune des patronats, la “Déclaration des Patronats de Marrakech”, prévue lors du High Level Business Summit on Climate Change qui se tiendra le 16 novembre 2016 à Marrakech. Cela est d’autant plus important que l’Afrique, qui ne figure pas parmi les grands pollueurs, subit les conséquences du changement climatique. L’ambition de la CGEM est de militer pour accorder à l’adaptation une place de choix dans les solutions proposées pour la lutte contre les effets du changement climatique, sachant qu’une gouvernance africaine climat est nécessaire en vue de permettre la facilitation à l’accès au financement climat, ainsi que les transferts Nord-Sud et Sud-Sud. Ainsi, la COP 22 se présente comme l’opportunité pour présenter des solutions concrètes afin que le secteur privé africain puisse continuer son développement, créer de l’emploi et de la valeur ajoutée dans l’ensemble du continent, le but étant de promouvoir une compétitivité partagée à l’échelon continental.

Si la mobilisation des patronats africains est importante, un partenariat public-privé l’est encore plus, puisqu’il se présente comme un levier afin de réussir la transition de l’économie marocaine vers une économie verte. Pour la CGEM, il est donc nécessaire de garantir une régulation intelligente et concertée avec un renforcement des capacités du tissu productif, ainsi qu’un accès à l’information et une visibilité sur les politiques publiques.