Heetch vs Careem, où en est la plainte déposée auprès du conseil de la concurrence

Selon Hicham Amdi, DG de Heetch Maroc, le Conseil de la concurrence est en train d’étudier le fond de sa plainte, après avoir validé la forme, contre Careem, pour « concurrence déloyale » et « distorsion du marché ». Ce recours, déposé le 21 mars 2019, porte, entre autres, sur l’autorisation d’activité, le statut des chauffeurs, la facturation, etc.

Le 21 mars 2019, Heetch, spécialiste français du VTC actif dans plusieurs villes de l’Afrique francophone dont Casablanca, déposait une plainte auprès du conseil de la concurrence, contre Careem, dont les activités au Maroc ont été achetées récemment par Uber, leader mondial du métier.

« Depuis, deux mois se sont écoulés. Ce qui veut dire que le conseil a accepté la forme de notre dossier, qui comporte 13 saisines », nous déclare Hicham Amdi, DG de Heetch.

« A présent, le conseil de la concurrence est en train d’étudier le fond de la plainte », ajoute-t-il. Contactée par La vie éco, une source suivant de près ce dossier au sein du Conseil n’a pas souhaité commenté cette information.  » L’avis de l’instance sera rendu public, après la fin de ses travaux », nous a-t-elle répondu laconiquement.

Quel est donc l’objet  de ce recours ? Définir les éléments prouvant  la « concurrence déloyale et distorsion du marché » que reproche Heetch à Careem, ainsi qu’évaluer l’étendue de son impact sur le secteur. Selon Hicham Amdi, « il faut entre deux à trois mois pour que le conseil puisse statuer ».

Autorisations ? 

Le premier élément sur lequel insiste Hicham Amdi est « l’exercice l’activité du transport public, touristique et scolaire, sans autorisations, par Careem ». Heetch, quant à lui, avait obtenu l’autorisation du transport public, mettant en relation les usagers aux chauffeurs de taxis, fin 2017, auprès de la Wilaya de Casablanca.

Pour ce qui est de l’autorisation du transport touristique, elle est délivrée par le ministère du transport. Celle du transport scolaire, nécessite, quant à elle, deux signatures : le ministère du transport et celui de l’éducation nationale. « Des autorisations dont ils (Careem, NDLR) ne disposent pas », selon le DG de Heetch Maroc.

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« 15 DH par course » 

« Il y a également le volet de la distorsion du marché, par la non-respect des périmètres », ajoute-t-il. Et s’en expliquer : « par exemple, les taxis n’ont le droit d’exercer qu’au niveau du périmètre urbain. Or, Careem est actif aussi bien au périmètre urbain qu’interurbain ».

Heetch pointe également « la distorsion du marché » par « la création d’autres acteurs ». C’est-à-dire ? « Ils sous-entendent avoir le statut VTC, alors qu’il n’existe pas au Maroc ». Le VTC existe dans d’autres pays, « où les tarifs des taxis sont élevés, ce qui n’est pas le cas au Maroc », estime-t-il.

La facturation figure parmi les éléments fournis au conseil présidé par Driss Guerraoui. Hicham Amdi s’en explique : « Careem, aujourd’hui, encaisse de l’argent auprès du client final. Cet argent représente la contrepartie d’une prestation du service, qui est soumise à la TVA et nécessite, en effet, une déclaration auprès du fisc. Ce que Careem ne fait pas. C’est ce qui fait que le service de Careem est moins cher que le nôtre ».

Le statut des chauffeurs ?

Hicham Amdi s’interroge enfin sur le statut des chauffeurs qui travaillent pour Careem. « Soit ils sont salariés, avec les charges que cela implique, sinon des autoentrepreneurs. Ce dernier cas n’est pas possible, dans la mesure où ils (Careem) ne disposent pas d’autorisation pour le transport public », développe-t-il.