Un contrat programme pour les énergies renouvelables en vue

Le ministère de l’industrie a confié à un cabinet privé la réalisation d’un état des lieux du secteur. Un travail de recensement des projets en cours et futurs a déjà été réalisé. Une direction dédiée aux énergies renouvelables créée au ministère de l’industrie.

En collaboration avec le Cluster Solaire, le ministère de l’industrie, de l’investissement, du commerce et de l’économie numérique a lancé un projet pour faire doter les énergies renouvelables d’un écosystème, au même titre que les autres écosystèmes industriels. Condition préalable, tous ces écosystèmes se basent sur un contrat programme, après avoir réuni plusieurs conditions et franchi un certain seuil de maturité. Le tour est donc venu pour les EnR d’avoir son contrat programme. «Il est temps de créer un écosystème pour le secteur des énergies renouvelables, car il commence à avoir un poids considérable», souligne Fatima Zahra El Khalifa, directrice générale de Cluster Solaire.

Première étape de ce processus, une étude a été confiée à un cabinet spécialisé (voir encadré) afin de définir l’ensemble des acteurs et les positionner sur la chaîne de valeur. «Le but est de les renforcer pour qu’ils puissent accéder aux maillons de cette chaîne, auxquels ils correspondent», poursuit la directrice générale.

Au-delà du contrat programme, un travail de fond a déjà été réalisé par les deux partenaires. Ce travail, effectué auprès des donneurs d’ordre, a consisté à consolider l’ensemble des projets en cours de réalisation ainsi que les futurs projets. Sont ajoutés aux grands projets solaires les innombrables applicatifs représentés sur le marché. «Cela permettra d’intégrer dans l’écosystème les PME et les TPE. Un bureau d’études s’est donc chargé d’entrer en contact avec Masen, l’ONE, Nareva, Engie, EDF, etc. L’objectif principal est de dimensionner le marché en termes de projets, et non simplement en termes de mégawatts, et de faire un matching avec les compétences locales», confie Mme El Khalifa.

De nouvelles certifications pour se conformer aux exigences d’un appel d’offres

L’ensemble de ces industriels a ensuite pris part à une série d’ateliers sectoriels organisés par le Cluster Solaire et le cabinet Energy Handle. Ils ont été appelés à identifier les projets industriels qui pourraient faire l’objet de l’accompagnement du ministère dans le cadre de cet écosystème.

Cela fait quelques années que les opérateurs locaux se sont dotés de toutes les compétences nécessaires pour décrocher des contrats sur le marché local. Cela dit, un travail d’accompagnement s’impose. Dans certains cas, il est question, dit Fatima Zahra El Khalifa, d’avoir de nouvelles certifications pour se conformer aux exigences d’un appel d’offres. Dans d’autres, «les opérateurs ignorent certains composants de marchés qu’ils peuvent exécuter. Généralement, l’accompagnement peut porter sur la clarification des spécifications techniques. Certains industriels sont capables d’aller sur un autre maillon de la chaîne de valeur. Il leur faut seulement être guidés vers cette nouvelle opportunité», poursuit la directrice générale.

Au sein du ministère de l’industrie, une direction dédiée aux énergies renouvelables vient d’être créée. Elle devra jouer un rôle central dans la mise en place du futur contrat programme. Un pas considérable pour la reconnaissance de l’importance de ce secteur.

L’étude a été confiée au cabinet Energy Handle par le ministère de l’industrie. Menée en collaboration avec le Cluster Solaire, elle «a pour objectif de fournir une synthèse de l’état des lieux du marché des énergies renouvelables national et à l’export et d’élaborer un plan de développement de l’écosystème industriel des énergies renouvelables». Pour ce faire, elle a pris en compte le potentiel du marché ainsi que les capacités et besoins des industriels nationaux. Cette étude permettra in fine d’élaborer le contrat de performance de l’écosystème EnR, «fixant ainsi un cadre global d’accompagnement des projets industriels».