Exploration pétrolière : Plus de 27 milliards de DH investis au cours des 15 dernières années

L’espoir de trouver du pétrole et du gaz en grande quantité reste réel. Plusieurs compagnies, accompagnées par l’ONHYM, continuent d’investir. La coopération avec les pays africains a aussi été renforcée dans le domaine de l’exploration.

Le Maroc n’est pas encore un pays producteur reconnu de pétrole et de gaz. Néanmoins, les données fournies par l’ONHYM, surtout celles qui concernent les investissements dans la prospection et la vente des hydrocarbures indiquent une réelle dynamique. En effet, la mise en place de termes fiscaux spéciaux a permis d’attirer une douzaine de compagnies E&P qui investissent de plus en plus dans l’exploration dans le pays (voir encadré). En 2018, elles ont investi 1 milliard 441 millions de DH, contre 30,51 millions de DH, fournis par l’ONHYM. Durant les 15 dernières années, 27,5 milliards de DH ont été investis par ces partenaires.
En 2018, le chiffre d’affaires généré par la vente des hydrocarbures s’est élevé à 141,5 MDH H.T contre 110,67 millions en 2017, en augmentation de 27,8%. Aussi, le volume de gaz naturel algérien ayant transité en 2018 par le gazoduc Maroc-Europe (GME) s’est appréciée significativement dans la foulée de la consommation européenne. Cette hausse estimée à 18,9% par rapport à 2017, est passée de 7,95 milliards NM3 à 9,45 milliards NM3.

Adaptation de la stratégie

Dans un contexte global, lié à la reprise d’une croissance mondiale marquée par une légère augmentation des investissements en exploration et en production, l’ONHYM a adapté sa stratégie pour préserver l’attractivité du Maroc en tant que pays d’exploration. Les efforts fournis pour maintenir et développer les partenariats existants, au nombre de treize, en conformité avec les engagements contractuels, ont été conjugués avec de nouvelles mesures. Celles-ci sont destinées à «attirer de nouvelles compagnies et continuer à dynamiser la reconnaissance et l’évaluation du potentiel des bassins sédimentaires marocains». Ainsi, à fin novembre 2018, la recherche d’hydrocarbures a couvert une superficie totale de 126 971,71 km² et comptait 28 permis en onshore, 42 permis en offshore (dont 17 ONHYM), 1 autorisation de reconnaissance et 10 concessions d’exploitation (dont 1 ONHYM).

Trois projets structurants de production

«Valoriser ce potentiel et faire en sorte que le Maroc contribue à l’approvisionnement énergétique mondial nécessite un partenariat transfrontalier et un engagement en faveur de l’innovation, des investissements et de l’intégration», a déclaré Amina Benkhadra, directeur général de l’ONHYM, au deuxième Oil & Gaz Morocco Summit. Basés sur la stratégie adoptée par le Royaume, ces performances sont appelées à s’améliorer. En effet, les innombrables accords de coopération signés avec les pays africains permettront sans aucun doute de consolider les acquis. En 2018, la coopération a été renforcée par la signature de nouveaux accords et avenants dans le domaine des hydrocarbures et des mines, notamment avec le Congo, le Mali et le Soudan du Sud. Ces accords de coopération mettent en avant d’autres aspects de ce secteur, tel que la formation, qui ne cesse de se développer également. A titre d’exemple, le nombre total d’hommes/jours pour les formations réalisées dans le cadre de la coopération africaine, s’est élevé à 117 HJ et un cumul de 1699 HJ depuis 2014. Et en conformité avec la stratégie nationale visant à associer davantage les opérateurs privés nationaux et étrangers à la recherche et au développement des projets pétroliers, l’ONHYM mène de nombreuses actions de promotion des potentialités et opportunités d’investissement au Maroc. Pour rappel, le conseil d’administration de l’ONYM a approuvé récemment les comptes de 2017 et le projet de budget 2019 et pris acte du plan triennal 2019-2021. «Ce plan est basé sur la poursuite de l’exploration pétrolière et le développement de trois projets structurants de production: la mise en production de Tendrara, l’extension de la production de Meskala et la poursuite de production dans le Gharb».

«Encourager l’exploration pétrolière et promouvoir les investisseurs et des experts dans l’activité de l’exploration pétrolière au Maroc» sont les engagements de l’ONHYM qui reviennent le plus dans les discours de ses responsables. Ces engagements se traduisent en pratique par des termes fiscaux très attratifs. De manière générale, le travail effectué par l’ONHYM est orienté vers l’acquisition des nouvelles données et leur analyse au tout début du cycle de l’exploration. Le but étant d’améliorer les connaissances sur la prospectivité de bassins sédimentaires marocains, «ouvrir de nouvelles zones pour l’exploration aux sociétés pétrolières internationales, et renforcer la compétitivité du Royaume à l’échelle internationale afin d’attirer les investissements pour l’exploration». Aussi, l’ONHYM investit dans des programmes géoscientifiques et oriente les investissements de manière stratégique, afin de mettre à jour de nouvelles zones prospectives.