En dix ans, 78 000 lits hôteliers ont été créés, dont près de la moitié à  Marrakech
7 janvier 2011
Mohamed Moujahid (1048 articles)
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En dix ans, 78 000 lits hôteliers ont été créés, dont près de la moitié à  Marrakech

La capacité d’hébergement est passée de 97 000 lits en 2001 à  175 000 en 2010. Plusieurs groupes internationaux se sont installés au Maroc et de grands noms locaux ont émergé.

On parlera encore longtemps de la Vision 2010 et des objectifs que l’accord-cadre avait fixés, pour le secteur du tourisme. Cet accord, signé en janvier 2001 à Marrakech, avait, entre autres priorités, porté sur la construction, au cours de la décennie qui commençait, de 160 000 lits hôteliers supplémentaires dont 130 000 lits balnéaires et 30 000 lits dans les destinations culturelles pour porter la capacité totale d’hébergement à environ 230 000. Où en est-on aujourd’hui ? Depuis 2009 déjà, le constat a été fait : on a surestimé la capacité des acteurs impliqués à atteindre ces objectifs dans les délais, et aussi sous-estimé les difficultés rencontrées sur le terrain (apurement du foncier, retournements de la conjoncture, crises etc.). De gros retards ont été concédés dans la réalisation des stations balnéaires qui constituaient le fer de lance de la Vision 2010. Néanmoins, de réels efforts ont été consentis et le surplus de capacité hôtelière s’est, disons-le, adapté naturellement à la demande. Le montant annuel des investissements conventionnés dans le secteur hôtelier est passé de 3,7 milliards de DH en 2001 à 8,7 milliards en 2009. De 5 000 lits à partir de 2001, la capacité de production annuelle est montée à 10 000 à compter de 2006 avant d’atteindre 13 000 depuis 2009 puis de retomber à 11 160 au cours de l’année 2010. Selon les données de la Société marocaine d’ingénierie touristique, filiale de l’Etat (voir encadré), le Maroc a vu sa capacité d’hébergement classé, toutes catégories confondues, croître en moyenne de 7% par an, passant de 97 000 lits en 2001 à 175 000 en 2010. Le rythme de production est de l’ordre de 7 800 lits par an sur les dix ans.
Cependant, les investissements hôteliers ne sont pas toujours allés là où les pouvoirs le souhaitaient. Quand on observe, en effet, l’évolution de cette capacité par région, on se rend compte que Marrakech, la première destination nationale, accapare la part du lion en termes d’ouverture de nouveaux lits. La ville ocre qui comptait, au moment du lancement de la Vision 2010, 20 270 lits, a presque triplé sa capacité puisqu’elle en totalise 54 097 en 2009, sans compter les établissements qui ont ouvert en 2010. Agadir a vu durant la même période sa capacité augmenter de quelque 8 000 lits, passant de 29 357 lits en 2001 à 37 450 en 2009. En fait, il n’y a rien de surprenant dans  le choix des investisseurs qui ont préféré miser sur des destinations très prisées tant par les touristes étrangers que par les locaux. Casablanca, dont la capacité a atteint 14 331 lits au lieu de 8 708 en 2009, est également bien servie.
Les autres régions ont connu une évolution plutôt timide de leur capacité, à l’instar de la région de Tanger-Tétouan dont la capacité est passée de 12 569 lits en 2001 à 14 331 en 2009, soit seulement 1 762 de plus ou une moyenne de 176 nouveaux lits par an. Mais il faudrait peut être s’en réjouir dans la mesure où l’essentiel n’est pas seulement de construire des lits supplémentaires, mais aussi de les commercialiser une bonne partie de l’année. Ne l’oublions pas, l’une des hypothèses de la Vision 2010 tablait sur un taux de remplissage moyen de 70%. On en est encore loin ! Il était seulement de 45% sur les dix premiers mois de l’année, avec une forte disparité selon les régions et les villes.

Les hôtels 5* représentent 17% de la capacité et les maisons d’hôte 8%

Par catégorie, ce sont les hôtels 4 étoiles qui arrivent en tête avec 41 664 lits, en 2009. Ils sont suivis des 3* avec 25 088 lits et des 5* avec 27 421 lits (17% de la capacité). Viennent ensuite les villages de vacances touristiques (VVT) avec 21 579 lits. Il faut signaler aussi d’autres types d’hébergements. On peut citer notamment les maisons d’hôtes qui ont connu une explosion à partir de 2003/2004. Elles totalisent 13 317 lits en 2009 (8% du total), alors qu’officiellement il n’existait aucune structure de ce genre en 2001. Auberges, motels et pensions se sont également développés, mais dans une moindre mesure.
Mais ce qui est remarquable durant cette décennie, c’est l’arrivée de nombreuses enseignes internationales de renom, ce qui a contribué à élever le niveau de la qualité de l’hébergement proposé aux touristes. On peut citer en vrac la chaîne Mandarin qui construit un hôtel de luxe à Marrakech, Lucien Barrière qui a ouvert un 5* dans la même ville. Des enseignes espagnoles ont été séduites par l’offre touristique nationale (Iberostar, Barcelo,,etc.), sans parler des enseignes françaises qui sont présentes depuis longtemps comme Fram ou Accor. Cette dynamique a aussi contribué à l’émergence de groupes hôteliers nationaux qui se sont fait un nom (Atlas Hospitality, Kenzi, Palmeraie,  Mogador etc.).