EL JADIDA : Une province à l’avenir bien tracé

Après Casablanca, El Jadida est la 2e ville la plus dynamique de la région. Grâce à ses atouts agricoles, industriels et touristiques, la province connaît un développement soutenu. Elle promet des perspectives très favorables.

La province d’El Jadida confirme au fil des années son importance économique au niveau national. Son appartenance à la région Casalanca-Settat, la plus développée du pays, y est pour beaucoup mais la région connaît aussi un développement interne soutenu dans plusieurs domaines. Autrefois considérée comme zone agricole par excellence, la province est citée actuellement comme exemple de croissance industrielle et touristique également. Ce développement, il faut le dire, a été favorisé par les nombreux atouts dont jouit la ville, à l’instar de ses ressources naturelles (terres fertiles, étendue océanique…), sa proximité des grands centres urbains de consommation (Casablanca, Marrakech…), l’existence et la proximité des réseaux routiers, des lignes ferroviaires, des infrastructures portuaires et des aéroports de Casablanca et Marrakech L’activité agricole y demeure des plus dynamiques et réserve de fortes potentialités. Elle bénéficie de facteurs favorables qui offrent des opportunités importantes pour le développement de la province. Il s’agit notamment du savoir-faire local en matière de systèmes de production, du potentiel important pour la production et la diversification des cultures, du tissu d’organisations professionnelles et d’unités agro-industrielles privées, de l’accompagnement de l’Etat en matière d’aide et d’incitation à l’investissement… Il faut dire aussi que l’existence de sols fertiles et un climat favorable contribuent à permettre une production agricole riche. De même, l’influence océanique offre la possibilité de réussir certaines cultures, à l’instar du maraîchage de primeurs et de l’aviculture.

En tout cas, la production de la province se caractérise par des cultures à haute valeur ajoutée telles que la betterave à sucre, la vigne, la floriculture ainsi que les produits du terroir et les cultures tropicales qui commencent à prendre de l’ampleur. La production animale n’est pas en reste puisque la province est un producteur important de lait, de viandes rouges et blanches. A côté de cela, la valorisation et l’optimisation des ressources en eau est l’un des principaux projets de la province, dont le but est de sauvegarder la zone côtière, située entre Azemour et Bir Jdid. Il s’agit en fait de l’alimentation de cette zone à partir des eaux régularisées de l’Oued Oum Erbiaa et la réalisation d’un réseau d’irrigation collectif et ce, à travers une prise sur la rive droite de l’Oued en amont du barrage de garde de Sidi Daoui ; un bassin de stockage de 80 000 m3; une station de pompage d’un débit total de 1,3m3/s ; une conduite de refoulement de 10 km et d’un réseau de distribution sur près de 160 Km, en plus d’ouvrages et d’organes annexes.

Un relais industriel de taille

La province d’El Jadida, ajoutée à Sidi Bennour, compte plusieurs unités de transformation et de valorisation de betteraves à sucre, de lait, de céréales ou encore de câpres. De même, elle se taille une place de choix dans la production industrielle régionale mais aussi nationale. Un pôle de compétitivité industriel est en cours d’émergence au niveau d’El Jadida.
En effet, le secteur industriel d’El Jadida représente 10% de la production industrielle nationale et contribue à hauteur de 22% aux exportations totales du Maroc. Ce n’est pas un hasard, puisque les plus lourdes industries du pays existent dans cette zone. La zone industrielle de Jorf Lasfar abrite en effet des industries de taille, en particulier l’écosystème mis en place par le groupe OCP, ainsi que de nombreuses unités, dont celles de Taqa Morocco, de Sonasid, de Winxo, Fertima, Centrale Danone, Cosumar…. Des entreprises étrangères sont également installées dans la province comme Derichbourg, Siemens… Quoi qu’il en soit, un énorme potentiel de développement est encore à exploiter autour de la ville, surtout avec «le port Jorf Lasfar et sa grande capacité d’absorption qui est en mesure de donner une bouffée d’oxygène à celui de Casablanca, ou encore l’énorme assiette foncière à caractère industriel, en l’occurrence le parc industriel de Jorf Lasfar», précise Rachid Sraidi, président de la CGEM Settat-El Jadida. S’ajoute à cela l’autoroute Casa-El Jadida et son extension vers Safi qui est amenée à rapprocher la communauté d’affaires, faciliter les échanges et rendre réactifs les marchés de proximité tout en minimisant le coût de production par rapport au facteur temps.

Le secteur immobilier, en ligne avec les besoins

Avec la croissance économique que connaît El Jadida, il va sans dire que le secteur immobilier suit la même tendance. Il a néanmoins connu la même histoire qu’ont vécue les autres villes du pays, à savoir une bulle spéculative suivie d’une baisse des prix. En effet, la ville a enregistré une hausse importante de la demande, soutenue par l’afflux de nombre de nouvelles recrues en quête de biens immobiliers, surtout avec le lancement de projets industriels, notamment l’OCP et Taqa Morocco. Résultat de la course : des prix exorbitants qui ont même triplé entre 2006 et 2010, à un niveau qui a atteint 15 000 DH/m2 ou l’a même dépassé. Les acheteurs ne pouvaient plus suivre ; le pouvoir d’achat ne correspondant plus. Cela dit, l’arrivée des promoteurs immobiliers de grande taille à partir de 2010, mettant sur le marché des projets sur le segment intermédiaire et social en ligne avec les besoins des locaux, a aidé à calmer cette euphorie. Ainsi, l’offre s’est alignée sur le budget des clients potentiels, tirant ainsi les prix à la baisse (7 000 DH/m2 en moyenne). Cela dit, il n’est pas exclu que la valeur des biens proposés à la vente diminue davantage pour revenir à des niveaux oscillant entre 4000 et 4500 DH/m2. En effet, la ville se prépare à la montée en flèche de projets immobiliers sur les prochaines années. Cette situation est alimentée par la mise en œuvre d’un nouveau plan d’aménagement de la ville. Il devrait autoriser des immeubles en R+5, sachant que le maximum autorisé jusqu’à présent est R+4. Ils seraient situés entre autres sur les routes de Marrakech et Rabat. S’ajoute à cela le nouveau pôle d’El Haouzia (sur la route de Safi) qui constituera une extension de la ville et qui offrira des lots constructibles en immeubles. PUMA devrait également étoffer cette offre, puisqu’il est prévu une zone résidentielle sur une superficie de 300 ha.

Le tourisme réserve encore un potentiel de croissance

Pour ne rien laisser pour compte, cette icône des Doukkala a su faire croître son activité touristique, grâce d’abord à ses atouts, à savoir le littoral, le patrimoine culturel, l’artisanat, les manifestations culturelles…, mais aussi grâce aux efforts déployés par plusieurs instances en vue d’étoffer l’offre touristique et de l’adapter aux besoins et envies des clients nationaux et internationaux. Avec un taux d’occupation de près de 40%, il y a encore matière à développer le secteur, surtout aussi que les arrivées et les nuitées touristiques peinent un peu à s’améliorer. Ce n’est pas faute de capacité d’hébergement qui ne cesse de se développer pour atteindre 61 unités, ou encore de manque d’attrait de la ville, mais plutôt de «l’insouciance» des pouvoirs publics vis-à-vis du développement touristique de la ville. Il est vrai que les atouts déjà cités continuent de séduire les touristes marocains et étrangers, mais il n’en demeure pas moins qu’ils ont besoin d’être rénovés et améliorés. D’autant que les instances concernées mettent l’accent plus sur le développement de l’offre touristique, dans le sens de la capacité litière, plutôt que sur les petits loisirs qui pourraient en séduire plus d’un, sachant que la ville note une carence en la matière. En revanche, la ville a bien tiré profit de son développement économique et de l’installation et l’implantation de sociétés et usines pour développer une niche, non des moins rentables. Il s’agit du tourisme d’affaires. Pour cela, la province dispose d’une infrastructure de taille et de qualité importante. Il y a près d’une année, un parc d’expositions aux standards internationaux a été construit. En outre, la province prévoit la construction d’un palais des congrès au sein de PUMA.

Avec ces niveaux de développement qui touchent les secteurs d’activité économiques phares du pays, l’on pourrait penser que la province soit sujette à une dégradation de la qualité de l’environnement dans son sens le plus large, notamment quand on sait que les industries les plus polluantes y ont été installées. Mais ce n’est pas le cas, puisque nombre de sociétés mènent une stratégie de développement durable et de préservation de l’environnement, que ce soit en optimisant la consommation de l’énergie, en adoptant des mesures d’efficacité énergétique ou encore en mettant en place des démarches qui visent la gestion des déchets.

Pour ainsi dire, si la province d’El Jadida poursuit ce chemin de croissance soutenu et efficace sur tous les plans, elle devra rapidement se frayer une place de taille parmi les villes les plus dynamiques du Maroc, au même titre que Casablanca, Tanger…

Située sur la côte atlantique, la superficie de la province d’El Jadida est de 6 000 km2. Son climat est semi aride, caractérisé par un taux d’humidité élevé. La moyenne annuelle de pluviométrie est de 350 mm et la température moyenne est de 18°C. La population totale de la province est de 785 314 habitants dont 474 357 habitants dans le monde rural. Selon le découpage administratif, il existe 4 cercles au sein de la province, à savoir El Jadida, Azemmour, Haouzia et Sidi Smail; 3 municipalités (El Jadida, Azemmour et Bir Jdid) et 24 communes rurales.