Décharge de Casablanca : le démarrage des travaux de nouveau menacé

La société Ecomed attaque la ville devant le tribunal administratif de Casablanca. Elle lui réclame 100 MDH pour compenser le manque à gagner dû à la surestimation du volume de déchets inertes.

Annulée en début d’année par le propriétaire, l’acquisition du terrain devant accueillir le futur Centre d’enfouissement et de valorisation (CEV) de Casablanca vient d’être relancée après que le propriétaire ait changé d’avis. Mais l’espoir d’un lancement imminent des travaux à quelques mois de la COP22 s’est rapidement brisé. Maintenant, c’est sur le terrain judiciaire que se joue le nouvel épisode. Ecomed, la société délégataire chargée de la réhabilitation de la décharge sauvage de Médiouna et de l’aménagement du futur CEV, vient en effet d’attaquer la Commune urbaine de Casablanca devant le tribunal administratif de Casablanca. La première séance est prévue pour début juillet. Tout aurait commencé lorsque la Ville de Casablanca a réclamé à la société la restitution de près de 40 MDH au titre de la contrepartie pour l’organisation du tri versée entre 2010 et aujourd’hui. «Entre 2008 et 2010, une partie du prix à la tonne, 6 DH environ, était versée pour l’organisation du tri sur le site. Après 2010, cette contrepartie a continué à être versée, alors qu’elle ne devait plus l’être. Le prix à la tonne est resté le même dans le contrat, malgré l’avenant», confie une source proche du dossier. Pour rappel, près de 1 000 ramasseurs informels s’activent chaque jour sur le terrain de la décharge pour récupérer les matières valorisables. «Ils utilisent la plateforme, tout comme Ecomed», poursuit notre source.

Les études pour le centre de tri et de valorisation sont prêtes

Devant le tribunal, le délégataire réclame de son côté la restitution de la totalité des sommes dues au titre des déchets catégorisés «inertes» (gravats et autres déchets de chantier), soit près de 100 MDH. Selon la même source, le «subterfuge porte quotidiennement sur plus de 5 000 tonnes».

Contactée, la société de développement local (SDL) Casa Prestations n’avait pas répondu à temps à notre requête au moment où nous mettions sous presse. Il faudra donc patienter quelques semaines pour connaître la suite de la tragi-comédie qui se joue actuellement au détriment de la santé publique de la population du Grand Casablanca et de l’environnement. En attendant, les études pour le futur centre de tri et de valorisation, un projet lancé par le ministère délégué chargé de l’environnement, ont été réalisées, et «la phase d’appel d’offres pour les travaux est en préparation», apprend-on auprès du ministère.