Crédit immobilier : les taux repartent à la baisse

Les taux vont de 4.20% à 4.90%. La contraction des marges sur le crédit est compensée par la hausse des revenus générés par d’autres produits. Dans la conjoncture actuelle, une baisse supplémentaire des taux longs est favorable.

Alors que certains professionnels du secteur s’attendaient à un relèvement des taux de financement immobilier, notamment des particuliers, ils repartent à la baisse. Depuis le début de l’année, Attijariwafa bank, par exemple, a défini une nouvelle grille tarifaire, autant pour les clients conventionnés que les non-conventionnés. Pour cette dernière catégorie, les taux ne sont plus fixés en fonction de la durée de remboursement et du revenu du client. Actuellement, ils oscillent entre 4,65% pour une durée de moins de 7 ans, 4,75% pour une période comprise entre 7 et 15 ans et 4,90% pour une durée variant de 15 à 25 ans. Les fonctionnaires conventionnés, eux, peuvent obtenir un crédit immobilier à un taux compris entre 4,25% et 4,40%. Pour les salariés d’entreprises et offices bénéficiant d’une convention avec cette banque, le plafond est à 4,75%.

A la BMCI, une réduction de 40 points de base a été opérée sur toutes les conventions conclues avec les administrations, entreprises et offices. Le taux est ramené de 4,90% pour une période variant de 15 à 25 ans à 4,50%. Entre 7 et 15 ans, la banque peut accorder un prêt immobilier à un taux de 4,30% contre 4,70% précédemment. Enfin, pour une durée de remboursement inférieure à 7 ans, le taux est fixé à 4,20%. Pour les clients non conventionnés, les taux varient de 4,50% à 4,90% au maximum selon la durée souhaitée.

La même tendance est observée chez Crédit du Maroc qui, également, finance ses clients à partir de 4,20% (moins de 7 ans), 4,3% (moins de 15 ans), 4,4% (moins de 20 ans) et 4,5% (moins de 25 ans).

A la Banque populaire, il est possible 4,5% pour un montant compris entre 800000 et 1,2 MDH. Pour sa part, la dernière recrue sur le marché, CFG Bank, va jusqu’à offrir un taux de 4,3% sur 25 ans. Un client rapporte avoir obtenu un prêt immobilier de 450000 DH à 4,4%. La Société Générale, elle, propose un taux variant de 4,30% à 4,50% et devrait bientôt publier une nouvelle grille tarifaire.

La marge reste confortable

Ce reflux quasi généralisé est le résultat d’une concurrence qui s’est relancée dans un contexte d’atonie du marché immobilier. La demande de logement étant beaucoup moins importante que par le passé, les banques n’ont d’autres choix que d’assouplir leurs conditions de financement pour donner du tonus à leur production qui a mollement progressé en 2018, même si les prix des biens sont en stagnation.

Elles ne prennent toutefois pas des risques démesurés. Toute baisse des taux répond a une logique économique claire. Elle est décidée selon le coût des ressources, le niveau de l’inflation, le coût du risque et la marge. Finalement, les banques s’en sortent toujours bien. Selon des observateurs, elles continuent de dégager une marge d’au moins 150 points de base. Pour d’autres, il y a juste un réajustement. «Les taux actuellement proposés sont au même niveau qu’il y a une dizaine d’années», remarque Bachir Benslimane, directeur général du courtier en ligne www.soscreditimmo.ma.

Pour sa part, Yassine Lahlou, directeur général du courtier meilleurtaux.ma, estime que la marge perdue sur l’activité de l’intermédiation bancaire est compensé par les revenus dégagés sur d’autres produits, à l’instar des cartes de crédit, de l’assurance vie, ou encore de l’assurance crédit…. De fait, les commissions perçues par les banques évoluent inversement à la marge d’intermédiation, jusqu’à représenter actuellement le tiers du produit net bancaire. Pour illustrer, «la France offre un financement immobilier avec un taux de crédit approchant le nul, voire négatif, pour la simple raison que la banque, non seulement gagne un client, mais lui vendrait corrélativement plusieurs produits sur une durée de 25 ans», explique M. Lahlou.
De manière plus générale, un banquier considère qu’une baisse supplémentaire des taux longs est favorable dans la conjoncture actuelle. «Nous traversons toujours une crise économique. Plusieurs secteurs sont touchés dont l’immobilier qui tire le secteur du BTP et, par la même occasion, d’autres secteurs. Mais nous pensons qu’une fois que le secteur immobilier se sera redressé, les banques vont inverser la tendance et procéder à un relèvement progressif des taux», prédit-il.

Evolution des crédits à l’habitat et des taux d’intérêt