Création d’emplois : le plus haut niveau depuis 5 ans

Le chômage a baissé en termes absolus et en proportion de la population active. Mais il reste encore à un niveau élevé, chez les jeunes en général, ceux des villes en particulier.

Les indicateurs du marché du travail relatifs au troisième trimestre de l’année en cours, publiés par le HCP, affichent une relative amélioration comparativement à la même période de 2017. A fin septembre de 2018, en effet, l’économie nationale a créé 122 000 emplois nets, contre 89 000 une année auparavant et une perte nette de 73 000 postes à la même période de 2016. C’est, sur ce point, le meilleur résultat depuis 2013.

Les 122 000 emplois nets créés sont des emplois rémunérés à hauteur de 85,2%, ce qui confirme la tendance, apparue depuis près d’une dizaine d’années, au rétrécissement progressif de l’emploi non rémunéré.

La répartition sectorielle des créations d’emplois montre que les services, premiers employeurs depuis quelques années, y ont contribué pour 98 000 postes, suivis de l’industrie (y compris l’artisanat) pour 19 000, puis de l’agriculture, forêt et pêche pour 9 000 ; le BTP ayant, lui, perdu 4 000 postes nets.

A la faveur de cette évolution de l’activité, le chômage a reculé aussi bien en termes absolus que proportionnellement à la population active. En effet, le nombre de chômeurs a baissé de 64 000 personnes à 1172000, et cette baisse touche à la fois le milieu urbain (-29 000) et le milieu rural (-35 000). En pourcentage de la population active, le chômage s’est replié de 0,6 point à 10%, et, là encore, les deux milieux de résidence en ont bénéficié : de 14,9% à 14,3% dans l’urbain et de 4,6% à 3,9% dans le rural.

Plein emploi dans le rural…

Ces derniers chiffres montrent bien que le chômage, et donc l’emploi, sont plutôt une problématique urbaine. Et ce constat vaut d’ailleurs pour l’ensemble des pays du monde, pratiquement.

En revanche, avec 4% à 5% de taux de chômage depuis très longtemps, on peut très bien parler de…plein emploi dans le milieu rural, du moins au regard des normes universelles en vigueur dans ce domaine. Pour la qualité de l’emploi qui s’y trouve, c’est une autre histoire…
Outre sa concentration dans les villes, le chômage a une autre caractéristique, beaucoup plus inquiétante celle-là : il frappe les jeunes, des centres urbains en particulier. Selon le HCP, le taux de chômage chez les jeunes de 15-24 ans s’est établi à 27,5%. Certes, celui-ci accuse une baisse de 1,8 point par rapport au troisième trimestre 2017, il reste malgré tout à un niveau élevé. Le chômage chez cette même catégorie de jeunes est encore plus alarmant dans les villes : 44,7%. Et encore ! ce chiffre est en repli de 0,5 point comparativement à la même période de 2017.