CNSS, le seuil de viabilité revu à  la hausse

Selon les dernières études actuarielles, la caisse sociale peut assurer le paiement des prestations
jusqu’en 2018 au lieu de 2010.

Les affiliés de la CNSS peuvent souffler pendant quelques années supplémentaires. La dernière étude actuarielle réalisée par la caisse assure que les prestations peuvent être assurées au-delà de 2018, alors que les prévisions officielles publiées jusqu’ici se limitaient à l’horizon 2010. Mieux, se basant sur le scénario le moins optimiste prévoyant une hausse de 4,95% de la population active, les actuaires de la caisse concluent que le régime peut honorer ses engagements jusqu’en 2045. On aboutit à cette même date si le calcul est fait sur la base d’une hausse de la cotisation de deux points tous les 5 ans. La démarche de la caisse se veut prudente car «même avec une revalorisation des cotisations, affirment ses responsables, le taux appliqué par la CNSS reste inférieur à celui des autres régimes».

Le remaniement de certains paramètres est inévitable
La CNSS fait face aux mêmes problèmes que les autres régimes de prévoyance sociale : croissance importante du nombre des inactifs, allongement à 72 ans de la durée de vie des retraités, faible croissance de la population active. Ces problèmes risquent de perturber les divers régimes si des réformes ne sont pas menées. A noter que l’absence de visibilité quant à la pérennité des régimes ne signifie pas que ceux-ci seront en cessation de paiement à tel horizon, mais que, s’ils ne procèdent pas aux réglages nécessaires, les organismes devront puiser dans leurs fonds de réserve pour assurer les prestations. Le fonds de réserve de la CNSS, géré exclusivement par la CDG (Caisse de dépôt et de gestion), s’élève à 18 milliards de DH.

La situation de la CNSS est donc, selon sa direction générale, et en se basant sur les scénarios de croissance prudents, mis en évidence plus haut, confortable jusqu’en 2045. D’ici là, sa situation fera l’objet d’un suivi régulier notamment à travers les études actuarielles annuelles qui permettront de faire des ajustements. Cependant, à la caisse, on reste conscient que les remaniements doivent s’intégrer dans une démarche nationale, à savoir la réforme globale des régimes de retraite en chantier. Si ce travail n’aboutit pas, la CNSS affirme qu’elle apportera des correctifs aux divers paramètres, notamment l’âge de départ à la retraite, le calcul de la pension, l’assiette de cotisation ou le plafond des salaires. «Un changement du taux de cotisation et du niveau de la prestation servie est inévitable. Un remaniement combiné des deux paramètres n’est pas à écarter non plus», indique la direction générale de la CNSS.

Mais une démarche globale serait plus efficace pour restructurer les régimes de retraite dans l’objectif d’obtenir un système homogène. Le système actuel se caractérise actuellement par une absence de coordination entre les différentes caisses, l’absence d’une loi-cadre qui régirait les règles du jeu ainsi que les rapports entre les uns et les autres.