Ce qui est fait pour assurer la célérité du transit portuaire

Les surestaries sont estimés à plus de 300 MDH, selon les dernières données disponibles de l’Office des Changes. L’ANP a pris une série de mesures depuis 2014.

Entre les chiffres avancés par les professionnels et ceux qu’exploitent les autorités portuaires, il y a une grande différence. Les dernières statistiques disponibles de l’Office des Changes, datant de fin 2016, font état de 300 MDH contre 360 MDH deux ans plus tôt, soit moins de 2,1% du coût du fret maritime à l’époque. En tout cas, il s’agit là «d’un niveau qui est bien évidemment sans commune mesure avec les chiffres qui ont été toujours annoncés à ce sujet», souligne Sghir El Filali, directeur du pôle Stratégie et Régulation de l’ANP. Quoi qu’il en soit, plusieurs mesures ont été adoptées par les autorités portuaires pour «assurer la célérité du transit portuaire, l’augmentation des rendements journaliers de manutention et, par conséquent, la réduction des délais de séjour des navires et de leur attente en rade du port», poursuit M. El Filali. La plus importante a été la mise en place d’une procédure de prélèvement en rade pour les navires des céréales «et ce, en vue d’optimiser les délais d’attente à quai de ces navires».

Augmentation du nombre de ponts-bascule

Depuis le premier janvier 2016, le travail continu (24/24) a été institué au port de Casablanca. Les ports de Nador, Tanger, Jorf Lasfar, Mohammedia et Safi ont suivi après la publication du décret n°2-15-304 du 07 mars 2016 généralisant cette disposition. «Pour renforcer cette dernière, une commission chargée de contrôler le respect des horaires de travail par les exploitants portuaires a été aussi instituée», précise le directeur du pôle Stratégie et Régulation.
D’autres procédures techniques appuient cette première série. Outre l’augmentation du nombre de ponts-bascule et l’amélioration de leur mode de fonctionnement, la mise en place de la fiche suiveuse au niveau du portail Portnet a permis de synchroniser tous les contrôles au niveau des ports. De plus, «la réorganisation des opérations de scannage des conteneurs au sein des terminaux a préparé la dématérialisation complète, depuis janvier 2016, des documents de l’escale», conclut M. Sghir El Filali.
Pour rappel, l’ANP a piloté en 2014 une commission composée des différents acteurs de l’écosystème portuaire. Cette commission, qui avait été constituée par le ministère de l’équipement, du transport et de la logistique, avait pour objectif d’identifier les mesures à mettre en place en vue de limiter l’impact des surestaries. Le rapport établi par cette commission a permis d’identifier une série d’actions dans le cadre d’une feuille de route visant la maîtrise et l’optimisation des surestaries pour chacune des filières retenues (céréales, GPL et conteneurs). Ladite feuille de route a été structurée autour de deux types de mesures. Les premières mesures relèvent des entités publiques et devaient être mises en place à l’époque. La deuxième catégorie de mesures relevant des opérateurs privés devra être prochainement mise en œuvre.

«Des transitaires arrivent à obtenir des franchises allant jusqu’à trois semaines»

Il est évident de payer des surestaries lorsqu’on prolonge la mobilisation des moyens de transport. Cependant, il faut rappeler que la franchise au Maroc est plus élevée que dans d’autres pays. Certains transitaires arrivent à obtenir des franchises allant jusqu’à trois semaines. Malgré cela, les importateurs et leurs transitaires font face à cette problématique qui est causée par la lenteur des formalités administratives. Il faut ainsi faire en sorte de respecter cette franchise car cela pourrait être néfaste pour le Maroc en tant que pays importateur.

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