Butane : une subvention problématique

La péréquation avec le prix du carburant est insuffisante et les opérateurs financent de fait la subvention.

Au jour d’aujourd’hui, la Caisse de compensation est redevable de 600 MDH aux sociétés gazières, au titre de la subvention du butane. Cette somme atteindra 900 MDH à  la fin de l’année si aucun règlement n’intervient d’ici là . En comptant les 100 MDH réglés il y a quelques semaines, l’intervention de la Caisse de compensation pour soutenir le gaz butane s’élève pour cette année 2003 à  1 milliard de DH. En réalité, la subvention de ce produit de masse n’est pas de 1 mais de 2 milliards de DH, le milliard supplémentaire provenant de la péréquation entre produits ; les carburants incluant un coût de subvention du butane. Ceux qui, à  un titre ou un autre s’intéressent à  ce secteur, s’interrogent néanmoins sur le fait de savoir si une autre politique n’est pas possible ou plus exactement n’est pas plus viable que l’actuelle. Au ministère chargé des Affaires économiques et générales, la question est à  l’ordre du jour et Abderrezak Mossadeq, le titulaire de ce portefeuille, ne cache pas sa volonté de sortir complètement du système de subvention. Pour lui, comme pour beaucoup d’autres, la subvention ne profitant pas toujours à  ceux auxquels elle est initialement destinée, il faudrait aller vers la vérité des prix. Trois solutions «politiquement» délicates Il semble toutefois que, psychologiquement, ce dossier n’est pas mûr. «La vérité des prix sur le butane me paraà®t impossible ; du moins dans le court et moyen terme», tranche un analyste. Pour autant, le gouvernement ne peut continuer sur cette politique, en tout cas s’agissant du carburant. Le milliard qui provient de la péréquation ne suffisant pas à  soutenir le butane, ce sont les sociétés gazières qui supportent une partie de cette subvention puisque, bien souvent, elles ne sont remboursées que tardivement. Que faire alors ? La solution serait, si l’Etat veut continuer à  subventionner ce produit, et pour ne pas pénaliser les opérateurs, d’inscrire carrément cette subvention dans la Loi de finances, donc prévoir à  l’avance les ressources nécessaires ; ou alors il procéderait à  l’augmentation des prix du carburant afin que le montant de la péréquation soit conséquent. Sauf que cette possibilité paraà®t peu probable puisque les essences sont déjà  très chères. «A mon avis, la solution adéquate serait un relèvement progressif du prix du butane jusqu’à  ce que la subvention disparaisse», conclut notre analyste