Banques islamiques au Maroc : la loi bientôt examinée  par la commission des finances
15 mai 2014
Reda Harmak (1115 articles)
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Banques islamiques au Maroc : la loi bientôt examinée par la commission des finances

Bank Al-Maghrib a déjà  préparé les décrets encadrant les nouveaux établissements. Ils seront ajustés une fois la loi adoptée. Attijariwafa bank, la Banque Populaire, BMCE Bank et la BMCI sont déjà  bien avancées sur leurs offres.

Le champ se libère enfin pour les banques islamiques, officiellement baptisées participatives. Leur réglementation, intégrée dans la nouvelle loi bancaire, devrait commencer à être examinée dans les prochains jours par la commission des finances de la première Chambre. Celle-ci est prise depuis février dernier par la refonte de la loi organique des finances. «Maintenant que ce dossier est presque bouclé, la commission enchaînera avec le projet de loi bancaire», fait-on savoir auprès de Bank Al-Maghrib (BAM). Les concertations ne devraient pas s’éterniser. L’on anticipe que trois ou quatre semaines devraient suffire pour aboutir à d’éventuels amendements du futur cadre légal, afin qu’il soit soumis par la suite aux deux Chambres du Parlement.
En attendant, BAM a pris les devants et a déjà préparé les incontournables décrets encadrant les futures banques participatives. «Une fois la nouvelle loi adoptée, ils feront l’objet d’ajustements au besoin», précise-t-on auprès de la Banque centrale. Les banques ont également anticipé les choses en planchant sur leurs offres de banque participative et ont pour la plupart officialisé leur adhésion au nouveau système dans leur communication financière annuelle. Sur les rangs, Attijariwafa bank, seul établissement qui propose aujourd’hui des financements islamiques à travers sa filiale dédiée, Dar Assafaa. La banque prévoit de transformer cette même antenne en établissement participatif, ce qui nécessitera une augmentation de capital de 150 MDH, estime-t-on déjà. Vient ensuite la Banque Populaire qui a retiré depuis début 2011 ses solutions alternatives du marché. L’établissement veut déployer ses activités de finance participative dans le cadre d’une filiale qui devrait disposer de son propre réseau d’agences et de sa propre marque.

Contexte très concurrentiel

Il en est de même pour BMCE Bank et la BMCI qui annonce s’appuyer sur l’expertise de sa maison mère BNP Paribas en matière de finance islamique. Pour ce qui est des autres banques, seul le CIH a fait savoir ces derniers jours qu’il n’a pas encore tranché quant à son lancement sur le créneau. Même si dans l’ensemble les banques semblent se presser pour être parmi les premières à profiter de la nouvelle réglementation, leurs premiers développements devraient se faire à pas comptés. Il n’est pas en effet acquis que les futures banques participatives parviennent à percer dans un marché bancaire orienté par les prix et très concurrentiel. Pour preuve, les actuels produits alternatifs qui sont restés à la traîne depuis leur introduction en 2007, principalement en raison d’un différentiel de coût désavantageux en comparaison avec les produits conventionnels.

Reda Harmak

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