Automobile : les sous-traitants se préparent à la montée de la demande

L’Amica veut rapprocher les sous-traitants des opérateurs marocains et internationaux n Les besoins en sous-traitance, estimés actuellement à 500 millions d’euros, devraient atteindre plus d’un milliard en 2020. En 2020, le secteur devrait être constitué de 250 sites de production employant 175 000 personnes.

L’Association marocaine pour l’industrie et le commerce de l’automobile (Amica) organise, du 20 au 22 avril 2016, la troisième édition du salon de la sous-traitance automobile, en partenariat avec Tanger Free Zone (véhicule opérationnel de Tanger Med SA pour le développement de la grande plateforme industrielle Tanger Med) et l’Association des investisseurs de la zone. L’objectif est d’accueillir dans cette zone industrielle, où les équipementiers automobiles constituent 80% du total des entreprises installées, des opérateurs marocains et internationaux de la maintenance industrielle, la manutention, l’outillage, l’emballage, l’ingénierie, les télécoms et les prestations logistiques… Les besoins de la sous-traitance sont en effet considérables. Ils sont estimés actuellement à 500 millions d’euros (5,5 milliards de DH) et devraient atteindre plus d’un milliard d’euros (11 milliards de DH) en 2020. Cette augmentation de la demande attendue est expliquée par la constitution des écosystèmes du Plan d’accélération industrielle 2014-2020, la montée en puissance de l’usine Renault-Nissan à Tanger, le projet PSA au Maroc avec ses trois composantes (usine de carrosserie et montage, usine mécanique et centre d’études), sans omettre l’intérêt croissant de plusieurs constructeurs automobiles pour le sourcing Maroc (Renault, PSA, Volkswagen, Ford…).

La plupart des équipementiers ont procédé à des extensions

Le secteur automobile est sans nul doute devenu un moteur de l’économie marocaine. Avec une croissance de plus de 20% en 2015, il a réalisé plus de 5 milliards d’euros à l’export. D’où l’importance d’un tel évènement qui va rapprocher les donneurs d’ordre : Renault, PSA, les équipementiers et les sous-traitants potentiels.

Il faut savoir que le Maroc est devenu progressivement une vraie plateforme de sous-traitance automobile. L’industrie avait été relancée dans les années 1990 avec le montage des Fiat Uno, Sienna et Palio à Somaca. Ensuite, le démarrage de la production de la Dacia Logan en 2005 a créé un vrai développement de la sous-traitance automobile au Maroc. Avec l’entrée en service de l’usine Renault Nissan Tanger en 2012, les usines des sous-traitants automobiles ont commencé à tourner à plein régime et de nouvelles unités de production ont été inaugurées. «Il n’y a pas une société qui n’a pas réalisé d’extension d’usine à Tanger ou Casablanca», lance Tajeddine Bennis, le DG de SNOP Tanger, entreprise de production de structures automobiles. Comme exemples, on a Lear, Yazaki, Leoni, Delphi, Antolin, Denso, Takata, Viza, Faurecia et autres, toutes présentes à Tanger Free Zone et ailleurs au Maroc.

L’accord cadre entre l’Etat et Peugeot Citroën Automobile, l’ouverture d’un bureau d’achats Ford à TFZ et l’installation d’une équipe d’achats Volkswagen vont continuer à booster un secteur déjà en pleine croissance. En 2015, Tanger Free Zone accueillait 170 sites de production, créant 90 000 emplois et disposait d’une capacité d’assemblage de 400000 véhicules. Mais l’Amica ne veut pas s’arrêter en si bon chemin.

Sept filières sont constituées

La vision de 2020 est d’atteindre 250 sites de production employant 175000 personnes. La capacité d’assemblage devrait passer à 1million de véhicules et 100 milliards de DH de chiffre d’affaires. Pour ce faire, le secteur est organisé en écosystèmes. Désormais, 7 filières sont constituées : mécanique, électronique, coiffe et sièges, plasturgie, emboutissage, câblage et systèmes de sécurité. «Le Maroc était auparavant surtout spécialisé dans la coiffe automobile et le câblage. Aujourd’hui, nous tablons sur deux autres écosystèmes matures, en l’occurrence, l’emboutissage de métal et la batterie. En ce qui concerne les écosystèmes non matures, nous visons le moteur, notamment avec l’arrivée de PSA et enfin les écosystèmes absents comme le pneumatique et l’amortisseur…», explique Abdelaziz Meftah, directeur général de l’Amica.

En interne, l’association s’est organisée en commissions : sous-traitance pilotée par Snop, compétences (Polydesign), veille & stratégie (Yazaki), logistique (Plastic Ominium) et financement (Socafix). L’une des premières avancées de ces commissions est de réduire significativement le coût du transport maritime. En effet, «ce coût était disproportionné. A titre d’exemple, la traversée de la Manche, deux fois plus longue que Tanger-Algesiras, revient deux fois moins cher. Le coût de la traversée d’un semi-remorque a été ramené à 150 euros», dit non sans fierté Tajeddine Bennis.

En ce qui concerne le financement, trois conventions ont été signées avec autant de banques marocaines que sont Attijariwafa bank, Banque Populaire et BMCE Bank of Africa. Ces conventions permettront d’améliorer les conditions de financement du secteur. Au final, l’objectif est de renforcer le tissu de sous-traitants, développer les équipementiers et ainsi améliorer la compétitivité pour enfin accroître le sourcing et ainsi permettre l’installation de nouveaux constructeurs. Le Maroc pourra dès lors concurrencer les majors de l’équipement automobile, les pays d’Europe de l’Est et la Turquie.